‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 20 sur 365 · PEINES · texte numérisé non relu

PEINES

sur la tête, qui ne fait qu'entamer la peau, six ; pour deux blessures, douze , et dix-huit pour trois; au delà de ce nombre, on ne compte plus. Pour la rupture d'un os, seize; de deux, trentedeux ; de trois ou plus , quarante-huit ; mais il faut que l'os, lancé contre un bouclier à la distance de douze pieds, mesure d'un homme ordinaire, puisse résonner. Pour une lèvre fendue, seize sous, et vingt si une dent, ou deux, ou plus, restent découvertes. Si l'on casse une des dents qui se voient en riant, seize sous, et, en proportion, pour deux, trois, etc. ; huit sous pour chaque dent molaire. Pour le pouce , le sixième du prix de l'offensé ; pour l'index , seize sous ; pour le médius, six ; pour l'annulaire, huit ; pour le petit doigt, treize (1). Les taux varient selon que l'offensé est libre ou non. D'autres amendes étaient fixées pour le dommage fait aux propriétés et aux animaux domestiques , ou pour celui qu'ils occasionnaient. Si plusieurs individus avaient commis un délit, tous participaient au châtiment.

Ces prescriptions minutieuses et frivoles indiquent l'absence de toute pensée générale dans la loi, qui se limitait parfois à des recommandations. L'individu qui allume du feu dans un chemin ne doit pas oublier de l'éteindre avant de s'en aller ; celui qui, ayant trouvé une bète sauvage prise au traquenard ou entourée par des chiens, la tue et raconte le fait ingénument, peut en prendre la hanche droite ou sept côtes (2).

Un tiers des amendes revenait aux juges, et celles qu'infligeait une sentence royale étaient doublées. Parmi les délits privés, ceux qui entrainaient la peine capitale étaient l'adultère , le meurtre du mari ou du maître; pour les délits publics, l'introduction de l'ennemi dans le royaume, ou tout acte tendant à l'aider, la rébellion contre le chef en temps de guerre, l'assistance donnée à un criminel condamné à mort, la fuite sur le champ de bataille, la désertion de la fare à laquelle ou appartenait. La peine de mort était prodiguée aux esclaves. Le faux monnayeur et le faussaire avaient la main coupée (3). Les peines afflictives abondent dans le code de Luitprand, comme prisons souterraines, la marque avec un fer rouge, la flagellation (4). Cette déviation du wphrgeid atteste que ce prince introduisait un nouveau droit.

(1) RoTH., 46, 47, 50, 51, 52, 67.

(2) Idem, 147, 317.

(3) Idem, 246, 2 '4 7.

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