‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 197 sur 365 · CONRAD LE SALIQUE EN ITALIE · texte numérisé non relu

CONRAD LE SALIQUE EN ITALIE

de voir les principaux citoyens se présenter devant lui sans chaussure et l'épée nue dans la main, comme s'ils méritaient de perdre la tête, il pardonna. Après les premières chaleurs de l'été , il se dirigea sur Rome à la "tète d'une grosse armée, et Rainer, marquis de Toscane, entraîné par la peur, vint lui rendre hommage ; toute la Toscane l'imita. A Rome, il fut bien accueilli et couronné; la présence de deux autres rois, Rodolphe III de Rourgogne, et Canut d'Angleterre, qui était venu faire aux papes hommage de son royaume , donna du lustre à la solennité du couronnement. Mais là, comme ailleurs, les Allemands suscitèrent des querelles qui coûtèrent la vie à une foule de citoyens; les autres, avec des verges d'osier au cou, comme ayant mérité la corde, durent demander pardon de ne pas s'être laissé égorger. Héribert de Milan prétendait tenir la droite de l'empereur, et l'archevêque de Ravenne lui disputait cet honneur. Le premier, par dépit ou prudence , se retira, et l'empereur lui donna raison, parce qu'il jouissait du privilège de couronner les rois d'Italie; cette lutte de vanité mit aux prises les Milanais et les Ravennates.

Conrad soumit encore les princes de Capoue et de Réuévent ; mais, aussitôt qu'il eut franchi les Alpes pour aller en Allemagne apaiser d'autres troubles, la guerre intérieure se ralluma. Il acj(jj7 court de nouveau avec le projet de briser le pouvoir desévêques, dont il n'avait plus besoin pour les opposer aux grands barons; il voulait surtout abattre cet Héribert qui, à l'aide des concessions anciennes et nouvelles des empereurs, s'était rendu le maitre de l'Italie, et laissait commettre en son nom toute espèce d'abus.

A son entrée à Milan, Conrad vit accourir à sa rencontre, pour lui demander justice , une foule de seigneurs qui avaient à se plaindre d'Hèribert; il promit de faire droit à leurs réclamations dans une diète, qu'il tint en effet à Pavie, avec une grande solennité, pour réprimer les oppresseurs des veuves , des orphe- Uns, et quiconque garderait injustement des biens ecclésiastiques; puis il fit couper des mains et des tètes. Un certain Hugues, comte allemand, lui dénonça une foule de torts qu'Héribert lui avait faits, et Conrad enjoignit à l'archevêque de les réparer, comme aussi de renoncer à la domination qu'il prétendait exercer surLodi. L'allier archevêque répondit que ni les prières ni les ordres de personne ne lui feraient céder une palme des biens qu'il avait trouvés dans son Église ou acquis lui-même. L'empereur, indigné , et résolu d'abattre l'orgueil des prélats, le fit arrêter avec les évêques de Verceil,de Crémone et de Plaisance; il les

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