‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 2 sur 365 · ALBOIN · texte numérisé non relu

ALBOIN

Trévise, qui, après lui avoir recommandé le peuple et les biens de son église, obtint un diplôme où ces biens se trouvaient garantis ; politique habile, grâce à laquelle le patriarche d'Aquilée rentra bientôt dans son diocèse.

Les quinze années de la domination grecque avaient, par l'avidité du fisc, envenimé les plaies de l'Italie, à laquelle une peste et la famine enlevèrent jusqu'au repos de la servitude. Le patrice Longin était venu sans troupes; il concentra peut-être dans les forteresses et autour de Ravenne le petit nombre de soldats qui restaient, au lieu de les multiplier eu les portant rapidement sur les lieux attaqués. Justin , en guerre avec les Perses et menacé d'une diversion par les Avares , alliés des Lombards, ne pouvait envoyer de nouvelles forces ; Alboin occupa donc Vicence et Vérone sans résistance , et, après quelques efforts , Padoue , Mouselice, Mantoue, puis Trente, Brescia et Bergame. Le 3 septeml^re, il fut proclamé roi dans Milan , d'où s'étaient enfuis les principaux citoyens avec l'évéque Honoré f 1). La Ligurie, dont Milan était la capitale, comprenait alors Pavie, Novare , Verceil , le Montferrat, le Piémont, la côte de Gènes; mais Gènes, Albenga et Savone, favorisées par leur position maritime , résistèrent à l'envahisseur. Pavie même tint ferme plus de trois ans; Alboin , irrité de cette opiniâtreté, jura de passer les habitants au fil de l'épée ; mais, lorsqu'il entrait dans la ville, dont la famine lui avait ouvert les portes , son cheval s'abattit et ne voulait plus se relever. Un sentiment pieux fit entendre au barbare que cet accident était un avis du ciel, qui réprouvait le vœu sanguinaire fait au préjudice d'un pewp/e vraiment chrétien. Alboin se laissa donc apaiser, et son cheval se releva subitement ; alors il entra, et le palais de Théodoric devint le siège du nouveau royaume lombard.

Alboin , durant le siège de Pavie , avaittraversé lePôet soumis la rive gauche jusqu'au continent duTanaro. Plus tard il pénétra

il) Un grand nombre de prêtres et de sénateurs, l'évéque d'Acqui ci d'autres personnages se rendirent à Gènes avec Honoré. Les Milanais oblinrenl dans cette ville une église qu'ils dédièrent à saint Anihroise, la prairie de Saint-André , un palais, les revenus de quelques bénéfices et les communes de Recco , d'Auscio, de Rapallo, de Camoj;li avec leurs dîmes et leurs possessions. Selon les chroniques , beaucoup d'habitants de la basse Insubrie se réfugièrent dans le grand marais, appelé mer de Oerondio, et formé par les rivières Oglio, Serio, Adda ; sur un ilôt fangeux de ce marais qui porte le nom de la Mcsa{Lin\osa) \\^ auraient fondé Crème.

Page 1