‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 21 sur 365 · PEINES · texte numérisé non relu

PEINES

Le voleur, pour la première fois, devait subir deux ou trois ans de cachot, et, s'il n'avait pas de quoi faire la compensation, il était livré à l'individu volé qui en disposait à son gré; au second vol , le juge lui coupait les cheveux, le battait, le marquait au front et au visage ; au troisième, il le vendait hors de ia province (1). Le meurtre pouvait donc se rachètera prix d'argent, mais non le vol. Il est vrai que Luitprand exigea que l'homicide volontaire non-seulement indemnisât la famille de la victime, mais encore que tous ses biens fussent partagés entre cette famille et le roi ; en outre, si les biens ne suffisaient pas à la compensation, ils devaient être livrés à la famille du mort (2).

Le législateur songea surtout à consolider, par une pénalité sévère, le pouvoir royal, toujours menacé, comme il arrive dans les pays où il est électif : la peine de mort et la confiscation atteignaient quiconque projetait ou conseillait d'attenter à la vie du roi, ou s'avançait armécontre son palais; celui qui tuait quelqu'un par insinuation du roi était absous.

Il y avait des peines extravagantes : les femmes querelleuses étaient rasées et fouettées dans les rues ; une grande perche, à l'extrémité de laquelle se trouvait fixée une corbeille, était dressée sur le pont de Pavie, et servait à plonger dans le fleuve ceux qui avaient blasphémé (3).

La scène mimique des actes civils, qui était d'usage dans le droit patricien de Rome, reparaît dans les coutumes des barbares; les symboles convenaient à des peuples qui écrivaient peu , et dont l'imagination avait besoin d'être frappée par des représentations réelles. Les Lombards, pour l'émancipation, livraient une flèche à l'esclave, attendu que le droit de porter les armes était le privilège des hommes libres, et ils murmuraient à son oreille quelques paroles nationales (4). L'investiture d'un office ou d'un grade se donnait par tradition effective. On livrait à l'acquéreur une branche d'arbre, un brin de paille, un petit buisson, une motte de terre, et parfois des objets qui n'avaient aucun rapport avec la chose vendue, comme un gant, un livre (5), un

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