‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 209 sur 365 · ROBERT GU1SCAR1>. SA MORT · texte numérisé non relu

ROBERT GU1SCAR1>. SA MORT

victoires, Robert forme le projet d'assaillir l'empire d'Orient, où sou gendre avait été détrôné par la nouvelle dynastie des Comlogi. nènes; sous le plus léger prétexte, il déclare la guerre à l'empereur Alexis, et, avec cent cinquante navires et des galères de Raguse qui portent trente mille hommes embarqués par force , il prend Corfou et Rutrinto. Anne, fille d'Alexis, le dépeint ainsi : '; Peau rousse, larges épaules, regards de feu, voix comme celle « de l'Acbille d'Homère qui met en fuite avec un cri des milliers « d'ennemis. Il ne pouvait souffrir la supériorité de personne. « 'Parti de Normandie avec cinq cavaliers et trente fantassins, il « arrive en Lombardie, se cache dans les antres et les montagnes, « et , commençant sa carrière de guerrier par les assassinats « et le pillage, il pourvoit les siens d'armes, de chevaux, d'ar- « gent. » L'exagération est un grand signe de peur I

Les Turcs, de iVicée , menaçaient déjà l'empire; Alexis fit la paix avec eux, et demanda secours aux Vénitiens, qui, voyant de mauvais œil la nouvelle puissance fondée en Italie, battirent avec une grosse flotte celle des Normands. Guiscard, ayant réparé ses forces , mit le siège devant Durazzo ; loin de s'effrayer de l'armée qu'Alexis avait envoyée avec des renforts de Francs et de Scandinaves stipendiés, il fit mettre le feu à ses navires pour enlever aux siens tout espoir de retraite, et il accepta la bataille. Sa femme déploya le courage d'une héroïne, et, bien que blessée, resta parmi les combattants pour les animer; Alexis ne dut son salut qu'à son épée et à la rapidité de son coursier. Durazzo fut prise, et Robert pénétra dans l'Epire; mais les pertes qu'il avait éprouvées, les maladies qui décimaient ses troupes , et de tristes nouvelles de troubles survenus en Italie , le forcèrent à rétrograder. Il avait laissé en Grèce son fils Bohémond, auquel Alexis opposa ses Turcs, avec recommandation de frapper les chevaux, parce qu'il savait que les Normands combattaient mal à pied ; Bohémond fut donc obligé de se retirer à son tour.

Trois cents Normands , selon la promesse de service féodal , aidèrent le pape Nicolas à dompter les comtes de Tusculum; puis, lorsque l'empereur d'Occident a jeté Grégoire VII dans les prisons de Rome, Robert accourt, met le feu à la ville, délivre le pontife, et l'emmène triomphant àSalerne. Il prépare ensuite une nouvelle expédition contre la Grèce; malgré la flotte que lui oppose Alexis aidé par les Vénitiens, il débarque, bat les Impériaux dans plusieurs rencontres sur mer et sur terre, ravage la Grèce et les villes de l'Archipel. La mort l'arrête au milieu de ses ex-

(8 octobre

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