INVESTITURES
chien, unecourroie, uoepairede ciseaux, un jonc, un marteau, un manteau, un morceau d'étoffe, ou bien encore du marbre, des poissons, une cruche d'eau. Ces différents objets^, après avoir servi à la tradition, étaient percés ou brisés, et la personne investie les conservait comme preuve de l'acte consommé : de là vient que nous trouvons dans les archives des épées rompues , des pièces de monnaie trouées , des allumettes et autres choses semblables ; quelquefois même on voit de petits paquets de paille attachés au titre, des cheveux et des poils de barbe dans la cire du sceau, ou bien des morceaux de bois, et des couteaux sur le manche desquels on gravait lenom du vendeur. D'autresfois, on faisait certainsactes significatifs, comme de se serrer la main, de présenter le pouce droit, de se promener sur la propriété, de donner un baiser, de franchir le seuil de la maison, de toucher une colonne ou une corne, de remuer la terre, de communier ensemble. L'épée, dans certains pays, représentait le signe de l'investiture royale ; c'était la lance pour les princes lombards, le gonfalon pour les doges de Venise. Othon II inféoda le territoire de Bobbio à l'abbé de ce monastère, en lui mettant au doigt un anneau d'or. L'Eglise confère encore les dignités ecclésiastiques par la crosse et l'anneau ; puis les grades inférieurs, par le bonnet, le cahce, un chandelier, les clefs de l'église, l'ensensoir, soit en faisant toucher la corde des cloches, brûler un grain d'encens ou lire le missel.
Les Lombards n'employaient pas beaucoup cette mimique juridique ; ils dressaient souvent des actes de vente dans lesquels ils spécifiaient la chose aliénée avec son prix, en y ajoutant la garantie sous la clause pénale de payer le double; il paraît cependant que, dans les causes civiles , le demandeur laissait dans la maison de l'assigné un giiad, c'est-à-dire un anneau ou autre signe matériel. Le laimechild, compensation que le donateur recevait du donataire, leur était particulier : c'était un vêtement, un manteau, un cheval, un anneau, une paire de gants ou de l'ar-
laine, et sic pre kanc cartula, justa legem saliga, vindo, dono, trado atque trasfundo, etc. (Cliarte de Lucques de 983. Arcli. Guinigi.)
Le marquis Ugo investissant, en 996, l'évoque de Verceil du cliàtcau de Carésanaet de ses dépendances, dit : Per prescnlem carttttam offersionix abcndum confimo pto anitnx mex mercede. Instiper pcr cuttettum, Jisiucam, wantoncm (gant) et vasoncmterrxotque ramumarbovis pars ipsius, episcopo facio traditionem et vestituram, et me exinde forts expuli, gtcarpivl et nbsasclto /eci... (Monuinenla liist. patr. ; Chart. i, page :i06.)