‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 215 sur 365 · ORDRES MONASTIQUES · texte numérisé non relu

ORDRES MONASTIQUES

pereur. Saint Gualbert, fondateur de la VoUonabreuse, et Tenzon , qui, depuis cinquante ans, vivait renfermé dans une étroite cellule, élevaientsurtout la voix contre lui ; ils prétendaient qu'onne devait pas recevoir les sacrements de ce prélat, et accusaient de connivence Pierre Damien, qui leur répondait que le triomphe de leur opinion entraînerait une longue interruption dans le ministère de l'Église de Dieu. Pour en finir avec ses adversaires, l'évêque lit assaillir le couvent de Saint-Salvi et massacrer tous les moines

«067, qu'on put saisir. Les survivants demandèrent le jugement de Dieu, afin de prouver que Pierre était indigne de ce siège. Deux bûchers furent dressés l'un près de l'autre, et le moine Jean les traversa sans brûlure ni douleur ; Pierre se retira dans un monastère, et Jean Igné devint cardinal et évêque d'Albano. Nous avons déjà beaucoup parlé de Rome.

Les conciles opposaient à cette immense corruption des décrets de morale et de discipline. Des ordres plus austères s'établirent, par exemple celui de Cluny, qui, de la France où il était né, se répandit bientôt en Italie, et celui des Chartreux que son

<og4. fondateur, saint Brunou, introduisit à la Torre en Calabre. Romoald, noble ravennate et confident d'Othon III, s'étant retiré

^0,2, dans le désert des Camaldules (crt/«pMs yWa/f/o//), au milieu des plus belles forêts de hêtres et de sapins qui couronnent le sommet des Apennins, construisit une église et des cellules distinctes pour chaque moine ; sa règle prescrivait des jeûnes continuels et un silence prolongé. Il prêchait sans cesse contre la simonie et disciplinait le clergé; beaucoup de prélats simoniaques venaient le consulter. « Mais, dit Pierre Damien, je ne sais « pas s'il en a amendé un seul; cette hérésie est si dure , et sa « guérison tellement difficile, qu'on aurait moins de peine à « convertir un Juif. » Un certain comte, nommé Oliban, vint le visiter dans sa cellule, accompagné d'un grand cortège, et lui fit la confession de ses péchés ; Romoald lui ayant signifié qu'il ne pourrait se sauver qu'en renonçant aux pompes du monde, il obéit et se fit moine. Othon III avait tué Crescentius; il lui imposa pour pénitence d'aller nu-pieds de Rome au mont Gargan, puis de jeûner tout le carême dans le monastère Classense de Ravenne, le corps ceint du cilice, et de dormir sur une natte. Cet empereur l'obligea de sortir de la solitude pour réformer le monastère Classense; mais Romoald, rebuté par les moines qui ne voulaient pas se soumettre aux rigueurs de sa discipline, retourna dans sa retraite, où il vécut jusqu'à l'âge de cent vingt

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