‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 223 sur 365 · COMTESSE MATHILDE · texte numérisé non relu

COMTESSE MATHILDE

coutinua donc à gouverner une grande partie de la Péninsule. Lorsque son frère occupa le saiut-siege sous le nom d'Etienne IX, on dit que ce pape avait formé le projet de transporter la couronne impériale sur la tète de Godefroy, et d'expulser d'Italie les INormands et les Allemands; mais une prompte mort fit évanouir ces desseins. Godefroy s'unit au pape Alexandre II contre Gadolaùs , et lui prêta le secours de son bras pour réprimer le Normand Richard , qui avait envahi quelques terres pontificales et prétendait au titre de patrice de Uome. Godefroy, sa mère et son indigne époux, Godefroy le Bossu, ne tardèrent pas à mourir ; Mathilde alors se trouva maîtresse des vastes domaines paternels et déterres considérables dans 1h haute Lorraine, héritage maternel; elle employait sa fortune à prodiguer les bienfaits.

La Toscane est pleine de traditions relatives à cette illustre femme : elle lui attribue une infinité de châteaux, de ponts et d'églises, les bains Gasciano à Valdera, d'autres bains à Pise et le château de Montefoscoli , la grandiose église de Sainte-Agathe à Cornocchio dans le Mugello, l'hospice d' Altopascio, le palais et le château deNozzano près de Lucques, ville qu'elle ceignit de murailles et dota de fondations pieuses. Dante, bien qu'hostile à la domination papale, l'immortalisa en la plaçant dans son paradis. Quant à ses mœurs , l'opinion diffère, mais elle est unanime sur son courage, sa persévérance et son dévouement envers les papes. Bien que dévote, elle sut résister à la tentation du cloître, alor s commune, pour se mèicr aux affaires du monde, dans lesquelles, malgré la faiblesse de son tempérament, elle joua un grand rôle, gràceàl'assistancedivineetàla forcede son caractère. Elle combat en personne, parle la langue de tous ses soldats, entretient une correspondance avec des nations lointaines, fonde une bibliothèque (1), fait compiler le corps de droit canonique par Anselme,

(4) Copia lil)rorum non delicit huic...

Libros ex cunctis habet arlibus atqueliguris... Hœc apices dictât, scit theutonicam bene lin^uam ; Gens alemaiina quidem sibi gratis servit ubique. Russi, Saxones, Guascones atque Frisoues. Arverni, Franci, Lolharingi quoque, Britanni Hanctanlum noscunt, quodeisua plurinia poscunt... Responsuui cunctis hœc dat sine murmure turbis.

(DONiMZOïNE, lib. II.)

Voici le commencement d'un des actes nombreux de donation : Quae ad fionorem ecclesiarum et fidelium cnlholicurum substenfationem erogantur, et quia in cen/upltim lecompensentur, et quod melius est, vita retribuantur scterna, nulU prorsus fidelium dubitandum est : et maxime

Page 1