COURONNEMENT DE HENRI IV
dans une conférence, il arrêta l'évêque d'Ostie, que Grégoire lui avait député, et refusa de se présenter à la diète. Les Allemands le déposèrent alors comme contumace, et lui donnèrent pour successeur Rodolphe, duc de Savoie. Grégoire reconnut ce prince ; il paraît qu'il aurait conçu le projet de réunir les contrées du centre et du nord en un seul royaume dépendant du saint-siége, comme celui des Normands au midi , et dont aurait relevé la Germanie. Cette idée nationale ne put se réaliser ; car Henri , donnant, promettant et agissant avec résolution, tandis que le pape procédait avec circonspection, s'était fait de nombreux amis, surtout parmi les évèques royalistes, comme Tédald de Milan, Sigefred de Bologne , Roland de Trévise, Guibert de Ravenue, enveloppés dans l'excommunication. Ce prince, ayant réuni une armée et convoqué un concile , fit déposer Grégoire et nommer à sa place Guibert, archevêque de Ravenne, qui s'appela Clément III.
Le guerre alors éclata et se poursuivit avec des chances diverses. L'anticésar, Rodolphe de Souabe, périt en Allemagne; une armée réunie parla comtesse Mathildepour chasser l'antipape de Ravenne, fut battue près de la Volta Mantovana par les Lombards. Henri, rassuré parées succès, descendit en Italie, et se fit couronner à Milan avec une grande solennité. Les suffragants de l'archevêque, en costume solennel, se transportèrent au palais, d'où ils conduisirent le roi à Saint-Ambroise, avec les ducs, les marquis, les nobles, au milieu des prières, des hymnes, des antiennes, et l'accompagnèrent jusqu'aux marches de l'autel sur lequel étaient déposés les insignes royaux. L'ai-chevêque, après l'avoir interrogé sur les vérités de la foi, lui demanda s'il était disposé à respecter les lois et la justice ; sur sa réponse affirmative, deux évèques allèrent consulter le peuple pour savoir s'il était content de lui rester soumis. Après qu'il eut dit oui^ la cérémonie commença : le roi, les bras croisés, ainsi que les évèques, restèrent prosternés devant l'autel tout le temps qu'on chanta les litanies ; puis le métropolitain lui oignit les épaules avec l'huile sainte , et, lorsque les évèques lui eurent donné l'épée, il lui offrit la couronne, le sceptre, le bâton, le plaça sur le trône, lui remit la boule d'or et lui expliqua les devoirs d'un roi ; enfin il lui donna la paix. Après cette cérémonie, l'archevêque alla prendre la reine et l'accompagna jusqu'à l'autel, où elle fit sa prière; ensuite il la consacra en lui versant de Ihuile sur les épaules, lui donna l'anneau et lui ceignit la couronne. A la messe,