‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 232 sur 365 · DONATION DE LA COMTESSE MATHILDE · texte numérisé non relu

DONATION DE LA COMTESSE MATHILDE

et d'immenses domaines , elle possédait Parme , Modène, Reggio, Crémone , Spolète et d'autres villes ; naguère elle avait recouvré Ferrare et Mantoue, qui , sur la fausse nouvelle de sa mort, s'était révoltée. Elle laissa par son testament ce splendide héritage au saint-siége (l) ; mais Henri prétendait aux fiefs comme devant faire retour à l'empire par l'extinction de la ligne masculine, et aux biens allodiaux, comme le plus proche parent de la comtesse.

Il était difficile d'éclaircir la véritable nature de possesions incorporées depuis plusieurs générations, d'autant plus que des décrets impériaux avaient parfois joint des fiefs aux alleux, et que des propriétés allodiales étaient venues se greffer sur des fiefs; mais Henri , tranchant en roi la question , descend en Italie , s'empare de l'héritage et menace d'emprisonner de nouveau le pape qui protestait. Pascal , dans un autre concile de Latran , casse le privilège de Sutri, confirme tout ce que ses légats avaient fait, et, à l'approche de l'empereur, s'enfuit au mont Cassin, sous la protection des Normands.

La fuite du pape fut une occasion de joie et de railleries pour les Romains, dont il avait mécontenté un grand nombre en donnant de grands biens et le titre de préfet de la ville à Pieire Léon , issu de parents juifs , ce qui n'est pas un crime aux yeux de l'Église. Le peuple nomma préfet un enfant dont la famille tyrannisait Rome , et favorisa la faction impériale. D'étranges phénomènes agitaient alors les imaginations : les secousses d'un tremblementde terre, commeon n'en avait jamais vu de mémoire d'homme, durèrent quarante jours ; à Vérone, beaucoup d'édifices s'écroulèrent et des individus périrent; des châteaux et des palais furent renversés à Parme, à Venise, ailleurs même , et la cathé-

(1) Pro remedio animœ mex et parenttim meorum, dedi et obtuli Ecclesise sancti Pelrl, per iyiterventum domini Gregorii papas VII, om- 7iia bona mea jure proprietario, tam qux iuni habueram, qitam ea quas in antea acquisilura eram, sive jtrre srcccessionis, sive alio qiiocumque jiire ad me pertinent, et tamea qiise ex hac parte niontium habebam, quamillaqux in ultratnontanis partibus ad me pertinere videbantur. 11 paraît que la comtesse avait déjà fait cette donation sous le pontificat de Grégoire VII; mais la cliarte s'étant perdue, elle la renouvela, en 1112, en faveur de Pascal II. Cette cliarte est imprimée à la fin du poënie de Donnizone, Rer. it. Script., tomev, p. 584 ; il se pourrait bien qu'elle fût fausse. Toutefois on ne saurait nier raisoimablement la donation , puisqu'elle fut produite imuiédiatenient après la mort de Mathilde ; et si l'on discuta sur l'extension qu'il convenait de lui donner, jamais personne n'en contesta l'authenticité. Voir TiRABoscHi, Mew. tnodenesi, i, 140.

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