GÉLASE II. CALIXTE II
drale de Crémone u'offrit qu'un monceau de ruines; on vit aussi près de la terre des nuages brûlants et couleur desan», et d'autres prodiges. L'empereur lui-même effrayé manifesta le désir de faire sa paix avec l'Église; mais, comme il ne put l'obtenir, il assiégea quelques forteresses pontificales, ce qui le fit applaudir des Romains. Après s'être concilié les grands par des largesses, il entra dans la ville, où il fut couroané de nouveau. Pascal prit la fuite, et mourut bientôt hors de son siège : on a loué sa sagesse, sa douceur et sa piété.
Il eut pour successeur Gélase II, à qui Henri proposa de reconnaître le privilège de 1 1 1 1 ; mais, comme ce pape remit l'affaire à la décision d'un concile , l'empereur revint sur Rome , et Cencio Frangipane, chef de la faction impériale, renouvelant la scène d'un autre Cencio, accabla le pontife de mauvais traitements , et le traîna par les cheveux de Téglise dans son palais. Le peuple , qui , aux excès des révoltés , s'aperçut combien sa haine était mal fondée, aidé par Pierre Léon , le lui arracha des mains et lui rendit ses honneurs; mais le pape, comptant peu sur sa mobile faveur, se retira.
Henri^ non content de la force, eut recours aux subtilités de la chicane, et, faisant déclarer nulle par des jurisconsultes l'élection de Gélase , il nomma pape Maurice Bourdin , archevêque de Prague, qui prit le nom de Grégoire VH. Gélase dut encore prendre les armes et réclamer le secours des Normands ; les individus qui traitent de faible celui qui succombe sous la violence, et de meurtrier quicouque la repousse , n'ont pas manqué de l'accabler de reproches. Pendant qu'il célébrait l'office divin dans une église secondaire de Rome, les Frangipani l'assaillirent ; d'autres nobles intervinrent pour le défendre , et le sang coula. Gélase alors résolut d'abandonner la nouvelle Babylone, préférant un seul e)npereur aux nombreux empereurs de Rome,' transporté par les Pisaus en France , il se retira dans l'abbaye de Cluny. où il mourut entouré de vénération. 4H9. Les cardinaux nommèrent à sa place Calixte II, qui, zélé pour
la défense des droits ecclésiastiques, mais plus adroit que ses prédécesseurs, négocia un arrangement avec Henri; il échoua néanmoins, et, comme Henri avait tenté de s'emparer de sa personne, il l'excommunia avec l'antipape. Calixte , à son retour en Italie, fut bien accueilli des Lombards, d'autant plus qu'il était persécuté par les Impériaux; Bome elle-même, d'où Bourdin s'était enfui, le reçut au milieu des acclamations. Il se rendit ensuite à