‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 234 sur 365 · CONCORDAT I>E WORMS · texte numérisé non relu

CONCORDAT I>E WORMS

Bénévent, où les Amalfitains déployèrent leurs richesses en ornant la ville d'étoffes, de tentures de soie et d'autres objets de prix , tandis que la cannelle et d'autres aromates brûlaient dans des cassolett«^s d'or et d'argent. Guillaume, duc de Fouille, et Jourdain, prince de Capoue, vinrent prêter au pontife l'hommage habituel et lui promettre fidélité contre tout homme , et il les investit avec le gonfalon. Il se trouvait ainsi entouré des forces normandes pour soutenir la guerre de la liberté. Bourdin, cependant, avait toujours les armes à la main, et des bandes infestaient la campagne; Gélase vint donc avec une armée et mitle siège devant Sutri, où il fit prisonnier l'antipape, qui fut ramené "22. à Rome au milieu des huées, et renfermé dans un couvent.

L'excommunication papale préparait à Henri tous les maux qui avaient affligé son père ; afin de les prévenir, il courba la tête , négocia un accord avec les barons qui s'étaient confédérés contre lui, et l'on conclut à Wurtzhourg une paix publique, bientôt suivie d'un traité pareil avec le pape. La diète germanique de Worms confirma le concordat par lequel l'empereur, absous de l'excommunication , renonçait à investir les prélats avec la crosse et l'anneau , laissait aux églises la liberté d'élection, et promettait de leur restituer les régales usurpées depuis la rupture de la guerre. De son côté , le pape permettait que les prélats d'Allemagne fussent élus en présence de l'empereur, sans violence ni simonie; qu'ils acceptassent de l'empereur, après leur élection , les régales ( on dirait aujourd'hui les avantages temporels) qu'il leur conférerait avec le sceptre, et qu'ils lui rendissent les services auxquels il avait droit. Dans l'Italie, au contraire, l'investiture se donnait après la consécration ; les chapitres ne conservèrent pas le droit d'élire leur pasteur.

Ici se termine le premier acte de la guerre des investitures, guerre qui, pendant quarante ans , s'était poursuivie au milieu du sang et des intrigues. La gloire de cet accord revint à Callxte 11, à cause de l'amour de la paix qui dirigea constamment sa conduite ; mais le pouvoir séculier en recueillit tous les avantages, puisque l'empereur n'avait cédé sur aucune de ses prétentions; sa présence allait déterminer les choix, et le haut domaine lui était confirmé. Mais l'Église, loin d'aspirer à faire des acquisitions, voulait rester indépendante dans les choses spirituelles, et, de ce côté, son ambition était satisfaite. Plus tard, Lothaire II, empereur d'Allemagne , consentit à renoncer au droit d'assister aux élections, et le pape fut chargé de prononcer sur les con-

testations qu'elles pourraient amener. Les revenus des abbayes et des évêchés vacants étaient réservés aux princes, de même que les dépouilles des évêques et des abbés ; mais ils en furent aussi privés peu à peu.

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