‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 239 sur 365 · LES DOGES · texte numérisé non relu

LES DOGES

qu'il était entouré d'ennemis, et rongé de remords pour la part qu'il avait prise à la mort de son prédécesseur, il multipliait les actes de pénitence. Guarin, abbé gascon , renommé pour sa sainteté, lui ayant persuadé de se retirer dans ta vie monastique, il passa secrètement en France, vécut en moine, et reçut après sa mort les honneurs de saint. Vitale Candiano, son successeur, après une courte magistrature, se renferma aussi dans une abbaye. 978,

SousTribuno Memmo qui lui succéda, Venise, pour la première fois, fut désolée par le fléau des factions ; la lutte s'engagea entre les Caloprini et les Morosini, qui prirent les armes, et les derniers furent expulsés. Othon II se trouvait encore en rupture 979 avec les Vénitiens pour le meurtre du doge; Memmo lui envoya des ambassadeurs qui conclurent la paix , et firent même déterminer les limites de la république (1). Mais les Caloprini, pour avoir le dogat et nuire aux Morosini, offrirent à Othon de lui soumettre Venise. L'empereur fut heureux de cette occasion d'affaiblir l'empire grec ; il défendit à tous les habitants des pays de sa dépendance d'apporter des vivres à Venise , et aux Vénitiens de mettre le pied sur les terres de son royaume. Memmo , pour châtier les instigateurs de ces mesures, démolit leurs maisons; mais ce blocus allait réduire la république à de cruelles extrémités, lorsque Othon mourut fort à propos. Ses successeurs donnèrent à Venise le privilège de faire le commerce de sel et de poissons marines. Les Caloprini, grâce à la médiation de l'impératrice Adélaïde, obtinrent leur pardon et la promesse jurée de jouir de la plus grande sécurité; mais, peu de temps après, les trois fils d'Etienne Caloprini furent égorgés dans une gondole par les Morosini. Memmo se fit moine.

Pierre Orseolo II compte parmi les plus illustres doges pour avoir agrandi la puissance de l'Etat : il envoya des ambassades aux Sarrasins qui dominaient sur les côtes d'Asie et d'Afrique, obtint de nouveaux marchés d'Othon III et de l'évêque de Trévise, acheva le palais ducal et la basilique ; en outre, il trouva l'occasion de soumettre les cités maritimes de la Dalraatie qui s'étaient af-

(1) Dans le diplôme de 983, par lequel Othon II confirme aux Vénitiens leurs droits, on trouve le nom des peuples formant le royaume d'Italie; ce sont : les Pavesans, les Milanais, les Crémonais, les Ferrarais, les Ravennates, les Comasques, les Riminiens, les Pésarésiens, les Césénates, les Fanésiens, les Sinagalles, les Anconitains, les Umaniens, les Fermans, les Pinncsiens, les Ycronaifl, les Gavellésiens, les Vicentins, les Moncclices et les Padouans, les Trévisans, les Cédénésiens, les Fnrlans, les Istriotes.

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