‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 241 sur 365 · COMMERCE · texte numérisé non relu

COMMERCE

Les cités maritimes tenaient beaucoup à l'amitié de Constantinople, centre des arts, du luxe et de l'élégance, entrepôt des marchandises provenant de l'Inde par la voie d'Alexandrie; mais, dès que les Arabes eurent occupé l'Kgypte, la nécessité de parcourir de plus longs trajets les fit renchérir. Les Italiens, au lieu de les acheter à Constantinople, aimèrent donc mieux aller s'approvisionner à Alep, à Tripoli et dans d'autres ports de la Syrie, où les caravanes les apportaient de l'Inde par le golfe Arabique, puis à Bagdad par l'Eiiphrate et le Tigre; enfin, à travers ledésert de Palmyre, les marchandises arrivaient à la Méditerranée. Plus tard , lorsque le Soudan d'Egypte rouvrit le golfe Arabique, voie des anciens, les Italiens s'établirent à Alexandrie, se résignant aux outrages (t aux graves exactions des musulmans; les négociants qui achetaient des marchandises dans cette ville les distribuaient ensuite dans tous les ports de la Méditerranée et de l'Espagne, et jusque dans les Pays-Bas et l'Angleterre.

La politique de Venise se limitait donc au Levant; le doge continuait, selon l'usage, à demander aux empereurs grecs la bulle d'or en signe d'investiture. La république eut parfois la guerre avec Constantinople; mais elle finit par en obtenir une paix favorable, des avantages commerciaux, et la cession des villes de Dalmatie et d'Istrie, qui légalisa la domination qu'elle exerçait déjà dans ces provinces.

Manuel Comnène, néanmoins, sous le prétexte que Venise, blessée des privilèges accordés par lui aux Pisans, ne l'avait pas secouru contre les Siciliens , ne tarda point à lui déclarer la guerre. On dit que la république arma cent galères en cent jours, portant chacune quarante rameurs outre les soldats; mais une défaite et la peste détruisirent ce bel armement , au point qu'il n'échappa que dix-sept navires, qui, rentrés à Venise, après une paix onéreuse, y apportèrent la peste (Ij. Ces maux exaspérèrent le peuple, qui tua le doge Vitale Michiel II, le dix-ueu- ^,^2 \ième sur quarante , qui eut une fin violente ; mais il fut le dernier.

Venise n'était pas la seule ville qui prospérât par le comtnerce maritime. Les Amalfitains se vantaient de descendre de citoyens

(() La famille Giustiniàhi, qui se trouvait sur celte flotte, y périt tout entière. Le seul survivant était un moine qui, relevé de ses vœux, épousa Anne- Micliiel. En ayant eu des enfants, il retourna dans son couvent, et sa femme se lit religieuse; ils furent sanctifiés tous les deux.

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