AMALFI
de Rome, envoyés à Byzauce par Constantin le Grand, et qui, après un naufrage, restèrent quelque temps à Kaguse, puis se transportèrent à Melfi , dont ils appliquèrent le nom à la nouvelle ville qu'ils bâtirent à moitié côte et sur les rivages du golfe de Salerne, dans le lieu même où Paîstum avait fleuri autrefois. Le duché qui se forma, embrassait les terres du voisinage avec les îles de Galli et de Caprée obéissant aux Grecs, dont l'éloignement rendait la domination nominale. Sicard, prince deBénévent, soumit Amalfi, aidé par les factions qui! la bouleversaient ; après lui avoir enlevé son argent et les reliques de sainte Triphomène, il força les habitants d'émigrer à Salerne et de s'unir par des mariages à ses sujets, dont il leur conféra les droits (l). Mais, lorsque Sicard fut tombé, les Amalfitains coururent au port, chargèrent les navires des dépouilles de la ville, et retournèrent dans leur patrie, dont ils réparèrent les fortifications. Désormais, indépendants même du catapan grec, ils établirent un gouvernement républicain avec un préfet ou un duc, firent le commerce dans tout l'Orient, et leurs lois maritimes firent autorité dans la Méditerranée et la mer Ionienne, comme autrefois celles de Khodes.
Amalfi cependant n'était pas assez jalouse de son indépendance pour dédaigner des chefs étrangers; en 1038, elle se soumit à Guairaar, prince de Salerne, sauf à se réserver ses propres libertés.
Les Siciliens, les Arabes, les Indiens, les Africains , fréquentaient cette ville pour vendre et faire des échanges (2). Le peuple montrait son arrogance par de fréquentes révoltes; il ornait sa patrie des dépouilles des terres lointaines, et avait fondé à Jérusalem deux monastères et un hôpital pour la commodité des pèlerins, et pour y tenir des marchés aux jours des grandes solennités. Ses tari étaient la monnaie la plus répandue dans le Levant avant que les Vénitiens y apportassent les ducats. Leurs
(1) Anonyme de Salerne, Paralip. ch. 58-62.
(2) NuUamagis locuples argento, vestibus, auro, Partibus innumeris : bac plurimus urbe moralur Nauta, maris coelique vias aperire peritus. Hucet Alexandri diversa feruntur ab urbo
Régis et Anliocbi. Gens hsec fréta plurima transit. Hic Aral)es, Indi, Siculi nascuntur et Afri. Haec gens est totain prope nobilitata per orl)ein, Et mercando et amans aliis mercata referre.
(GUILL\UME DE L\ PoUILLE, ni.)