‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 250 sur 365 · PÉNITENCES · texte numérisé non relu

PÉNITENCES

troisième heure ni après qu'elle était passée, de se laver ou de s'essuyer les mains ; il devait coucher vêtu sur la paille et ne sortir de la prison que pour des besoins naturels. Le prêtre était chargé de lui donner à manger une fois par jour, mais d'im seul mets, sans poissons ni anguilles ; du pain qu'on lui apportait, il devait toujours faire trois aumônes ; mais chaque pain était suffisant pour que les restes pussent le nourrir. Le pénitencier ou le parrain le conduisait au lieu désigné de la prison; là, il déposait ses vêtements ordinaires et même le linge pour prendre une tunique grossière et des socques. Puis venaient les prières qu'on récitait sur lui, et les exhortations qu'il fallait lui adresser (1).

Les individus qui se réfugiaient dans les églises pour des crimes étaient souvent condamnés, après avoir été flagellés, à faire des pèlerinages. Quelqu'un, en pénitence d'un fratricide, s'attacha le long du bras droit l'épée meurtrière avec des cercles de fer serrés si fort qu'elle pénétra dans les chairs; lorsqu'il arriva au tombeau de saint Bononius, abbé de Lucedio dans le Vercellais, les cercles se rompirent subitement. Autant il en arriva à d'autres sur la tombe de saint Appien de Pavie à Gomacetio, et de saint Théodebald dans le Vicentin (2).

Vers l'an mille, un certain Hugon, comte d'Auvergne, vint en pèlerinage avec sa femme au seuil sacré des apôtres pour racheter ses graves péchés; mais, quand il voulut entrer dans l'église de Saint-Pierre , il fut arrêté par des convulsions que lui causaient la douleur et le remords. Après avoir confessé ses fautes et ses souffrances, il reçut l'ahsolution du pape Sylvestre, qui lui imposa l'obligation d'édifier un monastère. A son retour^ il logea à Suse chez un ami, auquel il raconta ses maux et la pénitence qu'on lui avait infligée; celui-ci l'exhorta à dédier le monastère à l'archange Michel, en lui montrant, à la distance de douze milles, l'église où ce saint opérait de nombreux miracles. La nuit, l'archange lui apparaît en songe et l'encourage à se mettre à l'œuvre; telle fut l'origine du monastèrede Saint-Michel à laChiusa, célèbre par des faits mémorables, etdans lequel trouvaient une hospitalité généreuse tous ceux qui, par cette vallée, descendaient de France en Italie (3).

(1) Antiq.M. M.v, l&l.

(2) Antiq. M. .*., 11, 39,8.

(3) Monumenta hist. patriee. Chron. m, 260.

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