‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 253 sur 365 · PREMIÈRE CROISADE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE CROISADE

109S. pape Urbain II, recueillant ce cri populaire, convoqua à Plaisance un synode auquel assistèrent deux cents évêques de tous pays , environ quatre mille clercs et plus de trois mille laïques , si bien qu'il fallut tenir les réunions en plein air. Ce concile publia divers décrets pour restaurer la discipline ecclésiastique et garantir la trêve de Dieu ; on y entendit les envoyés de l'empereur Alexis Comnènequi exposèrent les désolations de la Palestine , suppliant de la secourir contre les infidèles, qui poussaient leurs incursions jusque sous les boulevard s de Constantinople, et menaçaient toute la chrétienté. Le pape Urbain exhorta les assistants à l'entreprise et reçut le serment d'un grand nombre; puis, dans le concile de Clermont, il promit (chose alors nouvelle) indulgence, pour toutes les pénitences méritées , à quiconque prendrait la croix et les armes. « Qui ne prend sa croix et me suit, n'est pas digne de moi, » répétait-on dans toutes les chaires. •<■ Les sauterelles n'ont pas de roi, et vont ensemble par bandes. Maudit celui qui porte en voyage le sac ou le bâton! Dieu, qui donne un vêtement aux lis des champs, y pourvoira. Dieu le veut. Dieu le veutl »

De même qu'on avait cru naguère à la fin du monde, tous crurent alors à la rédemption : chacun laissait tout ce qu'il avait le plus aimé, le château, l'épouse, les enfants ; celui qui s'amusait hier se flagellait aujourd'hui ; les voleurs sortaient de leurs retraites; les parricides, les adultères, les sacriiésies, prenaient le ciliée et partaient pour racheter leurs fautes; plusieurs ferraient leurs bœufs , et chargeaient toute leur famille dans des paniers. Des masses désordonnées d'hommes, d'enfants, de femmes, sans guides, sans vivres, sans armes, se dirigeaient vers Jérusalem, ne sachant pas où il était ni comment ils y arriveraient, mais pleins de confiance en-ce Dieu qui avait nourri Israël dans le désert. Avec cet enthousiasme qui aurait regardé comme un crime de raisonner, la foule se précipitait, à la suite de Pierre l'Ermite , sur la route la moins favorable, c'est-à-dire traversait la Hongrie et la Bulgarie; le manque de vivres, les attaques de l'ennemi ou la vengeance des populations qu'elle pillait dans son passage, la firent périr par centaines de mille.

Les barons de France, de Flandre et de Lorraine s'avancèrent avec plus d'ordre à travers la Germanie; une autre bande, conduite par Hugues, frère du roi de France, Robert de Flandre , Robert de Normandie, Eustache de Boulogne, passa par l'Italie. A Lucques, ayant rencontré le pape, ils voulurent recevoir sa bénédiction; puis ils se dirigèrent sur Rome, d'où ils chassèrent

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