‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 258 sur 365 · CHEVALERIE · texte numérisé non relu

CHEVALERIE

corps, le meilleur cheval, le casque, la cuirasse et l'épée les mieux trempées faisaient l'orgueil du clievalier, qui ne devait pas connaître la peur, ni reculer devant une épreuve même au-dessus de ses forces, ni renoncer à un vœu quelques difficultés qu'il offrît, ni manquer jamais à la pai'ole donnée quels que fussent les dangers qu'elle entraînât. Un autre preux, mais surtout quelque prince, armait le chevalier, en le revêtant des marques distinctives de ce grade, c'est-à-dire de l'épée, des éperons dorés et du ceinturon, et en lui donnant un coup de la paume de la main sur la joue, comme dans la confirmation, ou bien en lui frappant sur l'épaule avec l'épée.

Les épreuves, les initiations et les cérémonies de l'inauguration, précédées de la veillée des armes , naquirent peu à peu lorsqu'on voulut faire de la chevalerie une espèce de condition réservée, comme l'étaient toutes les autres de ces temps. On vit alors s'introduire différentes espèces de chevaliers, et l'Italie connut des chevaliers du bain, admis après de solennelles cérémonies, et qui se lavaient le corps en signe de la purification de l'âme ; des chevaliers d'apparat, dont le vêtement était vert obscur, et qui portaient une guirlande dorée; des chevaliers àeVécu, faits par les peuples et les seigneurs, et qui recevaient l'ordre la barbute ( le casque) en tête ; des chevaliers d'arwîe.s, qui devenaient tels sur le champ de bataille après avoir reçu l'épée, le coup sur la joue, l'accolade, et prêté le serment de loyauté (1).

Les chevaliers se multiphèrent à l'infini ; mais c'était la vanité plutôt que le mérite qui conférait ce titre. Roger de Sicile fit quarante chevaliers le jour où il armait ses deux fils, Roger et Tancrède; en i294, Azzo d'Esté tint cour plénière pour recevoir l'ordre de Gérard de Camino, et, lorsqu'il fut admis, il arma à son tour cinquante-deux chevaliers ; Charles de Naples, surnommé Martel, en arma trois cents lors de son couronnement en 1290. L'abus fut ensuite poi»ssé si loin que l'empereur Charles IV , en 1355, chargea le patriarche de faire chevaliers tous ceux qui étaient venus à Sienne pour obtenir ce titre ; dès lors les individus, désireux d'acquérir un honneur qui cessait d'être tel depuis qu'il devenait commun, mais qu'on regrettait de ne pas avoir

(1) Franco Sacchetti, nov. 153. La Chron. Sicul. ad 1322, dit que, « dans la Sicile, la forme de l'équipage d'apparat du clievalier est, avec Ics^ n épaulières et le manteau de taffetas, l'épée garnie en argent, la selle avec '< le frein et les éperons dorés, plus deux habits d'une couleur quelconque, « sauf l'écarlate, et sansdoubliue de vair. »

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