MŒURS
barbares, mélange de peuples divers et si faiblement unis à leur chef ? IN os ancêtres habitaient des demeures rustiques ; les armoires où reposaient les armes, et les bancs, d'où vint le nom de banquets, étaient travailles grossièrement. Simples dans leur manière de vivre habituelle, ils déployaient une grande pompe dans les festins; le vin , bu à la ronde dans une corne dorée et parfois dans les crânes des ennemis vaincus, provoquait à la gaité ; l'héroïsme était excite par des jeux scéuiques ou par des bardes qui chantaient les exploits de Théodoric ou d'Alboin. L'histoire insipide de Berthold , d'origine certainement ancienne et allemande (1), nous montre Alboin, dans le palais de Pavie, entouré de bouffons. JNous trouvons dans les objets précieux donnés par Agilulf et Théodoliude à Saint-Jean de Monza, la preuve de leur libéralité ; mais l'unique faveur accordée par des Lombards à des hommes de lettres, dont l'histoire fasse mention , est un bâton recouvert d'or et d'argent dont le roi Cuuibert fit présent au grammairien Félix (2). Rachis, peut-être, entretint dans le palais une école, de laquelle sortit Paul Diacre (3).
Après les premières dévastations , beaucoup de ces rois élevèrent des édifices, surtout des églises et des monastères ; on a cru eu voira Pavie et à Brescia, mais il en existe certainement à Lucques. Les Gestes des Lombards sont retracés dans l'église de Saint- Jean de Mouza ; on les voit couverts de longs vêtements de lin avec des bords de diverses couleurs , et leurs jambes sont enveloppées de houseaux d'une forme particulière ; ils ont des brodequins fendus jusqu'à l'extrémité de l'orteil et lacés avec des aiguillettes decuii'; plus tard ils adoptèrent l'usage des bottes (4).
(1) D'où le Bolonais Jules-César délia Croce a-t-il tiré cette légende? Tout en elle accuse l'origine allemande : la cour d'Alboin, bien que transplantée en Italie, les noms mêmes de Berthold, de Marculf, etc. La Conlradiclio Saiomortis présente une discussion de Guillaume le Conquérant avec le vilain Maicult, et dérive peut-être de la môme source d'où sont sorties les aventures de BerthoM, qu'on trouve dans toutes les langues, et que les Allemands , je ne sais sur quelles preuves, (ont venii- de l'Asie.
(2) Pail Uiacke, liv. vi, ch. 7, 8.
(3) C'est ce que paraît indiquerson épitaphe. Mabillon, app., m. vol. Ann, ord. s. Bened. n° 35 :
Divine iuslinctu, regalis prolinus aula
Ob decus et lumen patriœ te sumpsitalendum.
Omnis sophiœ cepisli culmina sacne,
Rege niovenlc pio Ratchis penetrarc decenter.
(4) Pall Diaciu:, liv. vi, c. 35; Vasari, Proemio aile vite dei Pitlori.