‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 263 sur 365 · POÉSIE CHEVALERESQUE · texte numérisé non relu

POÉSIE CHEVALERESQUE

cette défense du faible opprimé, entreprise par Renaud, Bradamante, Sansonetto; dans cet amour d'Isabelle, qui, pour rester fidèle à son époux défimt, subit la mort; dans ce dévouement de Roland, qui, toutes les fois qu'un amour puéril ne l'égaré point, combat toujours pour l'empereur et Dieu, et recommande son âme au mourant Brandimart , « qui peut demander au roi du paradis le pardon de ses fautes plutôt que sa mort » ,

Le Tasse rapetisse l'idée des croisades , dont il fait une expédition régulière, avec une armée réunie sous un chef suprême, une hiérarchie d'officiers, des revues, des marches et des étendards. Mais, avec son âme religieuse et chevaleresque, ce fut par sentiment plutôt que par étude qu'il comprit ces mœurs, comme on le voit dans Renaud, jeune homme incapable de supporter la discipline, avide d'entreprises personnelles, et facilement distrait par les voluptés; dans Raymond, qui, malgré sa vieillesse, affronte le païen par lequel il a été défié. Ce fait ressort mieux encore dans Tancrède, amoureux et pourtant fidèle à son chef et à la croix, toujours le premier dans les périls. Dans son duel avec Argant, il refuse d'avoir l'avantage des meilleures armes; en le voyant expirer, il l'invite, sans s'enorgueillir de sa victoire, à lui céder généreusement (1). Il sauve la fille du seigneur d'Antioche, et la respecte ; épris de Clorinde, il la combat sans la connaître, et, après l'avoir blessée mortellement, court chercher de l'eau dans son casque pour donner, avec le baptême, la vie éternelle à celle qu'il privait de l'existence terrestre. C'est le Tancrède qui, selon les chroniques, après avoir accompli des faits merveilleux, fait jurer à son écuyer de n'en rien dire tant qu'il vivrait.

(i) Vede Tancredi che il pagan difeso

Non è da scudo, e il suo lontano ei gilla... « Cedimi, uom forte, o riconoscer voglia Me per tuo viûcitore o la fortuaa. »

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