‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 264 sur 365 · CHAPITRE LXXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXI

ORIGINE DES COUMDNES.

Une idée fausse, accréditée par des écrivains modernes, confond la commune avec la république, la liberté civile avec la liberté politique ; aussi, au nom de l'institution des communes, on se figure un de ces formidables soulèvements de la douleur irritée, où toute la classe plébéienne se serait révoltée contre les gouvernants, afin de participer à leurs droits politiques.

Il n'en est rien. La communeétait une association composéedes faibles, aspirant à conquérir les droits de l'humanité, à secouer le joug féodal devenu intolérable , à se détacher de la glèbe, à recouvrer la liberté de la personne, des biens, de la volonté, en s'unissant avec les seigneurs sous une commune justice. En Italie, ces franchises s'agrandirent jusqu'à constituer de glorieuses républiques ; dans la France, au contraire , elles servirent de fondement à l'autorité monarchique; en Angleterre, elles s'unirent aux barons pour faire contre-poids au pouvoir royal : en résumé , les communes peuvent se combiner avec toutes les formes de gounement, parce qu'elles sont une extension de la famille plutôt qu'un morcellement de l'Etat.

L'origine des communes est un des points qu'on a le plus examinés et controversés ,• en effet, la découverte d'une foule de chartes et l'examen des divers éléments de la vie sociale ont montré l'importance de cette obscure transition du vieux monde au monde moderne , qui a donné la vie à l'ordre moyen ou , comme ou dit, au tiers état, c'est-à-dire le peuple actuel. Les écrivains municipaux ont trop négligé de rendre leurs récits intéressants par le tableau delà vie intérieure , par l'étude de la marche progressive des hommes et de la société communale; aussi n'avons-uous pas, que je sache, l'histoire complète d'une seule commune. Muratori réunit de précieux documents, mais il n'en déduit point une conception générale et cohérente ; du reste , il

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