IMMUNITÉS ÉPISCOPALES
ejus missi,justitiam quant exUjerit accipiel (l). Le roi Henri, par un diplôme de 1 004, attendu les litiges et contestations élevés par le comte contre l'Église, concède à l'évêque de Parme les murailles, le district, la perception des impôts et toute fonction publique dans la ville et au dehors, dans un rayon de trois milles (2). Après la mort du comte, Conrad le Salique, en 1035, étendit la juridiction de l'évêque sur tout le comté.
Guido, évêque de Volterra, éleva des plaintes contre le comte et les autres fonctionnaires publics, à cause de la dureté qu'ils mettaient à exiger des prêtres et de leurs serfs les services royaux ; en conséquence , Henri III, en 1052, l'exempta, lui et le clergé, de la juridiction des comtes, en autorisant l'évêque à juger les causes relatives à cette matière, et à décider les contestations par le duel. Plus tard l'évêque Galgano obtint de Frédéric Barberousse le titre de prince avec le gouvernement de la ville et de plusieurs lieux, l'élection des consuls et le droit de battre monnaie, à la charge de payer^six marcs d'argent au trésor royal.
En 1055, Héribert, évêque de Modène, avec ses citoyens, demanda à Henri III l'autorisation de réédifier, de fortifier, d'agrandir cette ville, ce qu'il obtint, avec les régales et la juridiction ; le roi, en outre, confirmant à l'église et aux habitants les bonnes anciennes coutumes, permit aux citoyens présents et futurs de creuser des canaux de dérivation pour la Secchia, la Scultenna et toute autre rivière (3).
Henri IV confirmait à Landolphe, évêque de Crémone, la juridiction de la ville et dans un rayon de cinq milles, que ses prédécesseurs lui avaient attribuée (4) ; il concédait à Grégoire ,
{\)Monum. historix patrïx, Cliait. n, 49.
(2) Antiq. 31. M-, vi, 47 ; Affo, ii. 13.
En 1037, Conrad confirme à l'évêque d'Ascoli la donation d'Othon : Omncm terrain stci episcopii, iam ad matricam ecclesiani pertinentem in/ra et extra civilatem S2(am, quam ad cxtcras capellas sive monasteria... Monetam et'tam in civiiate construere... et quidquid ad regiam censurant et jwtestatem nostram pertinet, transfundinius in ejus et succès sorum illius jus et dominium. Cette donation fut confirmé* en 1045 par le roi Henri et d'autres ( Archivio capitolare- d'Ascoli). Voir Giornale Arcadico,
vol. XLII.
(3) TiRABoscni, Histoii'e de l'abbaye de Nonantola, ii 188 : Confirmavius tani Mutinensi ecclesix quam ejxis civibîts universos bonos usus'quos antiquiius habuerunt.
(4) Pavdictum districtum et aquam ac ripam Padicam omni teloneo seu curatura alque ripatico a Dulpariolo usque ad caput Addux, cunctasque 2y'Scafiones cum molendinorum molitura et navium debito
422 IMMUNITÉS EPISGOPALES.
évêquede Verceil, Casale, Oldenigo, Olceningo, Momolerio, Scherino, Rodingo, avec tous les ahrimans et tout ce qui regarde le comté^ c'est-à dire les juridictions exercées par le comte, dont faisait partie la juridiction sur les hommes libres (l). Un grand nombre d'habitants de Treviglio, bourgade de la Geradadda , se soumirent à l'abbaye de Saint-SimpHcien à Milan , et ce fait était confirmé, en 1031, par le roi Henri : eux et leurs fils ou leurs descendants devaient rester perpétuellement au pouvoir de ce monastère, sans être soumis à aucune charge publique, angarie ou autre service envers qui que ce fût ; ils ne devaient que le fodrum au roi, quand il venait dans le pays, et la sculdassie aux comtes chaque année (2).
Parfois ces concessions étaient la récompense d'un service rendu ; parfois elles avaient pour but de châtier un comte déloyal : or, comme chaque jour voyait croître le nombre des simples citoyens qui, de préférence au magistrat royal, se mettaient sous la protection des seigneurs jouissant de limmunité, les rois ne faisaient pas une grande perte en cédant aux évêques les comtés sur lesquels ils n'avaient plus qu'une autorité nominale. /.; Ainsi villes et bourgs passaient de la juridiction du comte 'fsous l'autorité de l'évêque ou d'un monastère. La population, '- ■ ; d'abord, se partageait entre les hommes dépendant des églises et (^ 7j ; ceux qui relevaient du roi, entre la juridiction laïque et le pouvoir i ecclésiastique; désormais vaincus et vainqueurs forment une seule commune. La noblesse féodale et les simples citoyens sont appelés devant le même tribunal ; les scabins des nobles et ceux des hommes libres constituent un collège unique, soumis au vi-
censu, et omnes recdfudines et redhibitiones et forum seu cseteras consuetudines, et vias pubiicas, et ceelera qiiee in prseceptis et notitiis anlecessorum nostrorumcontinentur. ( Ap. Campi, Hisl. eccl. i. )
(1) Ant. M. y£., I, 708. En 1084, il concédait au monastère de Zenon à Vérone liber os homines, quosvulgo arimannos vacant... cumomni débita, districtu, actïane atque placita.
Le 2 juillet lo70, Henri IV donne à l'Église de Verceil-Casale, avec l'ahri- Dianie, le comlé Odalingo avec tous les ahrimans, le comté Albalingo avec tous les ahrimans, Ocesingo avec tous les ainimans, etiMomelerio, Selvolina, Redingo ciim omnibus arimannis. ( Moninn. hist.patr, Cliart. i, p. 022. )
(2) i\ullnm deinceps veleorumfilii aut descenden les publicam functionem vel anguriam, seu ullum servilium aut ullam dislriclionem cuique hominuiii fuciunt, vel usque in perpeluum persalvanl ; sed sub poteslale prwluxuti vionasterii perenniter permaneanl,pr;tler mslruni régale fodrum quundo in regnum istud devenerimus , et sctildassiani quam comifibus suis singulis annis debent. (Ap. Lcpi, livre ii. )