VIDAMES. W: COMTÉ
Caire séculier de l'évêque, connu sous le nom d'avocat, de vidame ou de vicomte, parce qu'il exerçait les fonctions dévolues autrefois au comte.
L'évêque de Mantoue, en997,avaitreçurimmunitéd'OthoD III, avec le droit de nommer des avocats et de battre monnaie. En 1084, l'évêque Ubald, en nommant son neveu vidame, expliquait les droits qu'il lui conférait : il pouvait aller dans tout le diocèse en deçà et au delà du Pô, tenir des plaids, examiner et juger les querelles, les procès, les offenses personnelles, infliger la peine à sa volonté; tout l'argent perçu dans ces opérations lui était abandonné, avec un tiers du produit de la pêche , de l'investiture , des droits sur les barques qui abordaient ; chaque maison de laboureur devait lui donner deux gros porcs , et il percevait la dime des bêtes de somme et des porcs sur toutes les terres de l'évêque. Bien plus, ses hommes ne pouvaient être jugés par l'évêque, ni par ses successeurs, ni par des commissaires, gastalds ou décans, ni obligés de comparaître au plaid, de fournir caution, logement ou fodrum (1).
L'attribution des comtés aux évêques, de préférence aux comteSj tournait à l'avantage du peuple; car il 'était probable qu'ils seraient confiés au mérite, au lieu d'être distribués selon le hasard de la naissance ou par le caprice d'un roi étranger. La justice, qui est le besoin le plus immédiat'des peuples, y gagnait aussi , bien que la plèbe et les serfs restassent encore sans droits ni représentation.
La prédilection constante du clergé pour l'ancien droit pourrait faire croire que les formes municipales romaines , dans les villes où elles survivaient, durent se consolider dès que l'évêque se trouva investi du gouvernement de la cité ; mais, comme toute chose devait revêtir les dehors uniformes du seul régime que l'on connût alors, les évêques donnèrent le caractère féodal aux charges municipales, dont ils altérèrent la nature sans peut-être les anéantir.
Quoi qu'il en soit, les villes et les biens compris dans l'immunité dépendaient de l'évêque; le reste, c'est;àjàjje la campagne, d'où lui vint le nom de contado, était soumis au comte. Màià, comme ces biens se trouvaient enchevêtrés dans le comté, les évêques et les comtes s'entravaient réciproquement dans l'exer-
(2) D'Arco, iVMovt i^Md/' intorno aU'economia poUtica del municipio di Mantova; 1846.