‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 272 sur 365 · LE COMTÉ, LES VILLES. LES AHRIMANS · texte numérisé non relu

LE COMTÉ, LES VILLES. LES AHRIMANS

cicede leur juridiction mal déterminée. Les premiers tendaient à étendre la leur sur la campagne; les seigneurs s'y opposaient, et cherchaient à s'agrandir aux dépens des petits vassaux. De là une guerre intestine qui descendait jusqu'aux éléments inférieurs de la société. Conrad le Salique, dans le but d'arrêter ce désordre , publia sa fameuse loi des fiefs, par laquelle il établit que les petites tenures se transmettraient héréditairement , et ne pourraient être enlevées à leurs possesseurs que par sentence des scabins.

Les terres féodales se trouvaient alors réparties entre les capitaines ou grands vassaux, immédiatement investis par la couronne ; entre les vavasseurs, ou vassaux des capitaines, et les vavassins, qui relevaient des vavasseurs. Une fois que les vavasseurs et les vavassins furent assurés d'une existence indépendante ils cessèrent d'être^ des instruments au service des évèques , qui ne purent, comme en Allemagne, devenir princes ecclésiastiques.

Dans les autres pays, les vassaux nobles et les habitants libres, après avoir formé la commune, s'étaient donné des représentants et des juges particuliers, qui rivalisaient avec la curie épiscopale et prenaient, indépendamment de celle-ci, un aspect d'organisation civile. Ailleurs encore la population agglomérée sur les domaines d'un feudataire, après avoir acquis des richesses par l'industrie et s'être rendue nécessaire à ses intérêts, l'obligeait à des concessions, qui ne lui donnaient pas sans doute l'indépendance sociale, mais favorisaient la prospérité de la commune et augmentaient son importance.

Lorsque toute autorité centrale se fut décomposée pour faire place à des associations limitées, à des pouvoirs exclusivement locaux, les villes, dans lesquelles les hommes trouvaient un plus grand nombre d'intérêts communs, purent se constituer plus facilement; elles eurent alors une juridiction propre, et la confièrent aux scabins, dont le concours accrut le tiers état. Dès lors les nobles et les hommes libres vécurent ensemble dans la même commune, c'est-à-dire sous une justice commune, et la prérogative féodale reçut une grave atteinte ; en effet , quiconque avait besoin de sécurité u'allnit point la chercher au pied de la forteresse d'un baron, mais entre les murailles d'une ville.

Bien que le système féodal eût pour résultat d'enlever toute

importance aux villes, celles d'Italie ne la perdirent jamais ; car

elles étaient habitées par des hommes riches et nobles sous le nom

d'ahrimans (l), qui constituaient même une université ou corpo-

(1) Voir la note delà page ci- contre.

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