‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 274 sur 365 · CHARTES COMMUNALES · texte numérisé non relu

CHARTES COMMUNALES

avait à peine commencé qu'il était suivi par les autres. La tour, d'où le feudataire ou le comte menaçait autrefois les vilains, devint souvent l'asile des affranchis ; souvent aussi les monuments de l'ancienne magnificence se convertissaient en moyens de défense pour la liberté nouvelle. Des luttes se préparaient donc, luttes d'autant plus énergiques qu'elles avaient un but évident et simple, et que l'homme se battait, non par obéissance ou par caprice, mais pour défendre les droits les plus sacrés. Si l'entreprise échouait , les fortifications étaient démolies , et les insurgés mis à mort; si elle réussissait, les rebelles comprenaient la nécessité de s'unir.

Le mouvement communal fut encore favorisé parles croisades; beaucoup de barons, qui désiraient faire le voyage de la Palestine, vendaient ou engageaient leurs domaines, ou bien cédaient à prix d'argent quelque partie de leur juridiction aux citoyens, qui, pendant leur absence, raffermissaient les droits acquis et les augmentaient. D'un autre côté, les hommes qui combattaient dans la Judée s'habituaient à la franche discipline des camps, se rapprochaient entre eux comme de leurs maîtres, et rapportaient dans leur patrie des idées plus libres, des sentiments moins serviles ; ceux qui étaient capables de réfléchir et d'apprécier les institutions civiles devaient être frappés d'étonuement au spectacle de Venise, de Pise et d'autres villes maritimes, qui déjà se gouvernaient démocratiquement ; puis les Assises de Jérusalem leur offraient un gouvernement, baronial saus doute, mais ne négligeant point la plèbe, qui était aussi appelée à participer à la discussion des intérêts publics.

Les hommes qui avaient perdu la dignité sociale depuis l'invasion des Lombards la reconquièrent donc ; les vainqueurs et les vaincus sont enfin réunis sous une même justice, sous un même gouvernement. Les débris des anciens Romains, sentant que l'intelligence reprenait sa supériorité sur la force brutale, évoquaient ces antiques souvenirs dont le peuple garde si longtemps la trace , et qui servent souvent de levain pour empêcher la putréfaction de lamasseinerte. Les descendants des conquérants respectaient ceux qu'ils avaient autrefois subjugués ; on ressuscita donc les noms et les formes romaines, et les magistrats citoyens ne s'appelèrent plus scabins, dénomination allemande, amis consula.

Ci.', mouvement avait donc un double but : se soustraire par la force du bras à la domination armée, puis se constituer avec iiisT. nps rrvi,. — t. iv. 28

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