‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 276 sur 365 · PREMIÈRES COMMUNES · texte numérisé non relu

PREMIÈRES COMMUNES

rite civile, et surtout à l'application de la justice, cette question capitale qui fait sentir plus immédiatement aux peuples la servitude ou la liberté.

Néanmoins il existait des communes établies par des barons ou des rois sur leurs propres terres ; ils ouvraient un asile aux vagabonds, aux étrangers, constituaient des villes nouvelles^ des bourgs nouveaux^ des châteaux francs, des cités franches, sous un préposé du roi ou des seigneurs, avec une charte à laquelle on donnait de la publicité afin d'attirer des gens du dehors pour s'y fixer et acheter des terrains. Le comte Guido Guerra , beau- père du fameux Bellincion , donnait à ses vassaux, en 1208 , dans sa vicomte de Val d' Ambra, le droit de former un statut, de s'unir pour délibérer sur les intérêts publics, à la condition de l'assister, lui, chef de l'État : chaque domaine devait fournir un membre à l'assemblée. Le comte déléguait ses pouvoirs à un podestat, sous la réserve d'en modifier les sentences.

Des chartes semblables sont moins fréquentes en Italie, sans doute parce que, plusieurs communes subsistant depuis l'époque romaine, ou de nouvelles sétaut constituées durant le régime féodal, on n'avait pas besoin d'autres diplômes pour régler l'administration intérieure , les droits des magistrats, les rapports avec le seigneur et les voisins. Nous avons cependant pour quelques-unes des témoignages authentiques, pour d'autres une présomption fondée ; si bien qu'on peut affirmer que les communes de l'Italie sont les plus anciennes du monde moderne , et même que celle de Léon en Espagne , concédée par Alphonse V avec l'assentiment des cortès, au commencement du onzième siècle.

Venise, grâce à son origiue même, se trouva constituée en république ; les autres cités maritimes les plus florissantes, comme Pise, Amalfi, Naples et Gaëte, devaient lui ressembler. Adria, ville encore de quelque importance , fit, en lOl 7, la guerre aux Vénitiens, qui , vainqueurs, obligèrent l'évêque Pierre et les primats à venir faire des excuses au doge et promettre fidélité. Dans l'acte de cette soumission, cet évèque apparaît encore comme chef politique du gouvernement ; mais il n'agissait qu'avec le coucours de ses chanoines et de plusieurs laïques, dont le premier est Anastasius consul. Les villes du littoral d'Istrie, agrégé parfois au royaume d'Italie, conservèrent les anciennes formes municipales. En 991 , Capodistria faisait avec le doge, Pietro Orseolo II, une convention stipulée par un certain comte Sioard, son

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