‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 280 sur 365 · COMMUNE DE MESSINE · texte numérisé non relu

COMMUNE DE MESSINE

mais se conformer aux lois , et, s'il portait quelque décret qui leur fût contraire, ce décret était nul et sans effet; il ne pouvait nommer aux offices publics que des Messinois, citoyens bien famés, et lui-même était réputé citoyen couronné de Messine. Les députés de cette ville avaient droit au premier rang dans les assemblées, et toutes les monnaies du royaume devaient être frappées dans ses murs ; elle était tenue d'avoir dans son tribunal, pour délibérer sur les affaires maritimes, un tribunal composé de Messinois nommés par les patrons des navires et par les négociants. Les Messinois étaient exempts de droits de douane dans tout le royaume; ils pouvaient couper sans rétribution, dans les forêts royales , tout le bois nécessaire pour construire et réparer leurs navires ; aucun d'eux ne devait être enrôlé par force pour le service militaire. La galère de Messine arborait l'étendard royal; dans les assemblées convoquées par le roi pour traiter des intérêts de la ville, on ne pouvait délibérer qu'en présence du stratège, des juges et d'autres officiers de la cité. Les juifs jouissaient des mêmes droits et immunités que les chrétiens.

Cette charte, qui fut confirmée depuis et même accrue, rendait la commune de Messine presque souveraine (l).

Henri III, en 1055, accordait au peuple de Ferrare les privilèges suivants : 1 Les vilains habitant sur leurs terres seront dispensés d'aller au plaid public, mais jleurs patrons répondront pour eux ; leurs navires et leurs chevaux ne pourront être requis pour un service que lorsque l'empereur viendra en Italie; ils ne payeront qu'à Pavie le droit riverain. » Ainsi fut fixée la rétribution due pour le poisson, pour le sel, à Crémone, à Venise, à Ravenne; partout ailleurs il n'était perçu aucun droit. « Le plaid général sera tenu deux fois par ans , et durant trois jours ; chaque jour il sera donné trois porcs, cent pains, une livre de poivre, une de cinnamome, trois setiers de miel, et, en tout, une pièce de vin; le quatrième jour, on gratifiera celui qui aura tenu le plaid d'un porc et de cinquante pains (2). »

Les communes du lac de Côme jouissaient plus anciennement encore de droits particuliers; car Othon le Grand, en 962, sur les instances de l'impératrice, confirmait aux habitants de l'île Co-

(1) Le diplôme est du 15 mai 1129. L'oiiginal dut périr, comme tant d'autres documents, lors de l'insurrection de 1678; mais tous les historiens en parlent et le reconnaissent pour véritable , sauf quelques points controversés.

{').) Anliq. M. m., v, 753.

Page 1