COMMUNES DU PIÉMONT
Nous avons trouvé dans Mantoue un document remarquable, duquel il ressort qu'il existait des communes de nobles distinctes de la commune plébéienne ; nous eu avons un autre à Bergame, où l'on voit les nobles convoqués avec le clergé pour traiter de possessions ecclésiastiques (l). Eu 1088, le roi Conrad tenait dans cette ville un plaid, auquel assistaient divers juges du sacré palais, quelques évéques, des marquis, des comtes, des vavasseurs milanais et bergamasques , et plusieurs citoyens de cette cité (2).
Quant au territoire qui forme aujourd'hui le Piémont, Othon Riso et sa femme Benedetta vendent, en 1090, une maison et une métairie oiriutuus vieinis de Bugella : acquisition commune, qui indique une administration commune de la part desBiellois, bien qu'on puisse supposer qu'il ne s'agissait que des conquérants. Deux années plus tard, les habitants de Saorgio, hommes et femmes, font une donation à saint Honorât de Lerino. L'année suivante, on trouve à Biandrate une commune avec douze consuls ; les comtes Guido et Albert fout avec les vavasseurs, milites^ un pacte d'assistance dans le but de leur assurer la possession des fiefs concédés ; ils promettent de leur laisser, ainsi qu'à leurs enfants, mâles et femelles, les biens dont ils les ont investis, et de ne pas s'opposer à l'aliénation d'un édifice qu'ils avaient construit sur leurs terres, à la condition qu'ils ne les vendront point sans le consentement des comtes : les comtes n'infligeront aucune peine aux vavasseurs de Biandrate, si ce n'est pour homicide, parj.ure, vol, adultère avec une parente, trahison, duel judiciaire et agression ; les autres délits seront remis à l'arbitrage de douze consuls. A leur tour, les vavasseurs jurent d'être soumis à ces comtes et d'en conserver les fiefs de bonne foi ; entre
(1) En 897 , l'évêque Âdalbert organise la vie en commun pour les chanoines, qu'il dote de grands biens, distraits de la niense épiscopale; de quoi il délibère en assemblée avec les prêtres et tout le clergé de l'église , et reliquis nobilibus hominibus , qui eklem synodo intereratit, tractans cum eis (le statu et solklitate ipsius ecdesicu. L'an 1000, l'évêque Reginfred fait beaucoup de dons à ces mêmes clianoines, prxsentibus preshytcris et diaconibus cum cerla parte nobilium laicorum ( Liiin, Cod. dipl. Berg., tome !, lOâ'J, 1064). Des contestations s'étant élevées entre les chanoines de Saint-Alexandre et ceux de Saint-Vincent, l'évêque Arnolphe, en 1081, les termma srcuudum corisilmm mul/orum ciericcrum, civiuin, exlraqiie uràem munenlium sap'ientium et nobilhim.
(2) ne civibiis autcm pnefatas civilatis, Alberto Tozoni, Arimbaldu Cozo, Petrode Ciirte regia, Adam de Castello, Lanfranco i\ozo de Polterniano, Lan/ranco Ottom,et insuper compluribus (Cod. dipl., 759).