‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 288 sur 365 · COMMUNES HE LA CAMPAGNE · texte numérisé non relu

COMMUNES HE LA CAMPAGNE

bares avait arrêté sa dépopulatioa , occasiounée par l'affluence de ses habitants dans les villes ; puis l'établissement des fiefs transféra des villes à la campagne la suprématie politique. Une population laborieuse, manufacturière, commerçante, venait s'agglomérer autour du château ou des murs de l'église, et ne tardait pas à former un village. Les seigneurs, s'étant aperçus des avantages, revenus et force matérielle, qu'ils pouvaient retirer de ces colonies, leur accordèrent certains privilèges, qui, sans les rendre indépendantes, accroissaient leurs richesses et le nombre des habitants ; cette prospérité entraînait de nouveaux privilèges, bien qu'ils fussent dépourvus de garanties contre le despotisme. Quelques seigneurs les vendaient par besoin, et les sujets trouvaient toujours de l'argent pour faire une acquisition si précieuse, dussent-ils se priver du nécessaire. Ailleurs ces privilèges n'étaient pas demandés à titre de concessions , mais comme droits, et l'exemple des villes inspirait aux campagnards le désir de secouer le joug et l'espoir de réussir. Ils se réfugiaient dans un bois, sur une colline, derrière un retranchement, et , de là, ils bravaient le courroux de leur seigneur jusqu'au moment où il se décidait à souscrire à un arrangement raisonnable.

Un document remarquable nous montre comment se formaient les villages autour des églises. La collégiale d'Empoli, l'une des plus anciennes delà Toscane, fut terminée en 1093, et le prêtre Roland en devint le prévôt et le gardien. Eu 1119, la comtesse Emilie lui promit de maintenir ce que son époux, Guido Guerra, seigneur d'Empoli, avait juré précédemment : c'est-à-dire qu'elle enjoindrait à tous les hommes du district empolitain, soit qu'ils vécussent disséminés ou réunis dans les hameaux, de s'établir autour de l'église de Saint-André, en donnant à chaque famille une portion de terrain pour construire son habitation , outre l'emplacement pour l'érection d'un château ; bien plus, elle s'engageait à défendre les maisons qui s'élèveraient, de telle sorte que, si jamais, par suite de guerre ou de violences de la part des officiers royaux, elles étaient renversées, les époux Guido les feraient réèdifier à leurs frais (l). En 1182, les Florentins obligèrent les Empolitaius à leur jurer obéissance et fidélité contre qui que ce fut, à l'exception des comtes Guido , leurs anciens seigneurs ; à leur payer annuellement, le jour de Saint-Jean-Baptiste, la somme de cinquante livres, sans oublier un cierge plus

(1) L\Mr, Memor. Eccl. /lorentinx, tome it.

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gros que celui qui était donné par les hommes de Pontormc lors(iu'ils étaient vassaux du comte Ouido Borgognone de Capraïa.

Jacques d'Acqui, ce moine conteur, rappelle que, du temps de Barberousse, plusieurs grandes villes se formèrent dans le Piémont par la réunion d'un certain nombre d'habitations rurales ; 11 cite d'abord Chivasso, fondée par les soins des Milanais. Plus tard des paysans, qui s'étaient associés pour résister aux marquis de Saluées, bâtirent Savigliano, qui signifie savio villano (sage vilain), parce qu'ils s'étaient affranchis du joug de ces marquis ; d'autres, avec l'aide des Milanais, édifièrent, ent^-e la Stura et le Gesso, une ville appelée Cuneo [coin), parce qu'elle avait cette forme. Ainsi s'élevèrent Fossano, Mondovi, Cherasco, pour tenir en bride les habitants d'Asti et d'Alba (l).

En 1251, un grand nombre de familles de Marmirolo dans le Mantouan, opprimées par Guidone Gonzague, abandonnèrent leur patrie pour se transporter dans le pays d'Imola; cette commune leur donna beaucoupde terres, défrichées ou non, qu'elles s'obligèrent à cultiver ; en outre, elles devaient payer une rente annuelle et vivre ensemble dans un village qu'Imola construirait exprès, et qui fut Massa Lombarda (2). Depuis l'année 1157, le peuple de Marti et celui de Montopoli dans le Val d'Arno inférieur, discutaient sur leurs propres confins, et les consuls furent sommés de les faire déterminer par les plus âgés et les plus sages (3). Florence, en i 300, décrétait que l'on construisît dans le Val d'Arno supérieur, pour refréner les Ubertini de Gavelle et ceux de Soffena avec les Pazzi, trois villes, qui furent Terranova, Castelfranco de Sopra et San Giovanni.

Les bourgs étaient secondés dans leur émancipation par les villes elles-mêmes, qui trouvaient de l'avantage à se voir entourées d'hommes libres, au lieu de tyrans dangereux. Les fugitifs se rassemblaient donc autour des cités, sur les terres de la banlieue , qui avaient autrefois appartenu à l'évêque, ou , comme on disait alors, au saint patron ; on les appelait, par ce motif, corpi santi en Lombardie, appodiato à Bologne, et camperie en Toscane. Ces terres étaient soumises aux lois de la ville et à l'autorité

(1) Monum. hist. pair., m, 14C9, 1514.

(2) Storin ai Imola, ins(?iée dans celle de Ltigo, livre m, cli. 15.

(3) Atfi de l'Ace di Lucca, tome x. En 1195, l'église paroissiale île Montopoli étant vacante, les consuls et le gasfald supplièrent l'évêque de Lucques, leur seigneiir, de <hoisii' le curé, ce qu'il fil, c/î/m snm pro episcopaiu pafromis ejusdem ecclesia^, etdomimis illhis terrsc ( Mem.lucchesi, iv, 2 ).

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