CHAPITRE LXXXIII
LES COMMUNES LOMBARDES. LOTH\IRE H ET CONRAD III, EMPEKEDRS. ROGER, ROI DE SICILE. ABNAl'LD DE BRESCIA.
Après s'être affranchie de la servitude de la glèbe, l'Italie se trouvait, comme nation, beaucoup plus avancée que la France et l'Allemagne, d'autant plus que les trois ordres, devenus citoyens, vivaient sous une administration et une juridiction communes, choisissaient les consuls parmi tous les membres de la cité, et recevaient une espèce d'unité de la suprématie papale. Elle n'était pas, il est vrai, condensée sous la protection d'un trône; mais, vigoureusement groupée autour de trois centres d'autorité, le château, l'église et le palais communal, elle serait parvenue à la plus haute destinée si les empereurs ne l'avaient pas bouleversée en se créant un parti dans son sein.
Ces empereurs étaient faibles; en Allemagne, ils avaient à lutter contre les grands feudataires, qui aspiraient à la souveraineté territoriale ; en Italie, contre les papes, qui leur firent