LOTHAIRE II. COMMUNES LOMBARDES EN LUTTE
une longue guerre ù roccasioii des investitures. Henri V, ambitieux, avide, mais actif, prudent et plein de mépris pour l'opinion pul)lique .survécut peu à son traité de Worms avec le pape; avec lui s'éteignit la dynastie franconienne, qui avait dominé sur l'Allemagne pendant un siècle. Lothaire II, son successeur, abandonna son duché de Saxe et beaucoup d'autres possessions à 1125. sou gendre, Henri de Bavière, de la maison guelfe, qui eut pour compétiteur Frédéric le Borgne de Hohenstaufen , duc de Souabe, un des aspirants au trône germanique. Alors commença entre les deux familles cette inimitié qui, après avoir change de nature et d'objet, bouleversa l'Allemagne et l'Italie sous le nom de Guelfes et de Gibelins.
Les Gibelins tiraient leur nom du château de "Weiblingen dans le diocèse d'Augsbourg, appartenant aux Hohenstaufen ; les autres, de la famile bavaroise des Guelfes d'Altdorf. Azzo, marquis de Lombardie, qui mourut centenaire en 1097, avait laissé trois fils : Gueifo, né de Cunégonde, héritière des Guelfes de Bavière, alla gouverner ce pays comme duc, et devint la souche de la maison de Brunswick, qui parvint ensuite au trône d'Angleterre ; Ugo, dont la conduite fut déplorable, vendit ses droits à son autre frère Folco, fils de Garsande, princesse du Maine, et l'aïeul des marquis d'Esté en Italie. Ce prince gouvernait le pays depuis le Mincio jusqu'à la mer, c'est-à-dire Este, Rovigo avec la Polésine,Montagnana, Badia, outre d'immenses domaines dans la Lunigiana et la Toscane. Gueifo en réclamait une portion; pour faire valoir ses prétentions, il vint à la tête d'une armée, lit alliance avec le duc de Carinthie et le patriarche d'Aquilée, et s'empara d'un territoire considérable. Enfin il fut stipulé que la ligne allemande aurait un tiers de la ville de Uovigo et la terre d'Esté, sans préjudice de ses droits sur l'héritage de la comtesse Mathilde.
De cette ligne provenait Henri, qui, par la cession de Lothaire, était devenu le seigneur le plus riche de l'Europe et le plus puissant d'Allemagne; car il possédait un grand nombre de contrées depuis la Baltique jusqu'à la mer Tyrrhénienne. Mais Conrad, duc de Franconie et frère de Frédéric le Borgne, ayant hérité des biens allodiaux de la maison Salique situés en deçà des Alpes, descendit en Italie au nom du parti gibelin pour se faire nommer roi. Un prince, qui n'avait à sa disposition que les forces du pays, ne pouvait être un danger sérieux pour la naissante liberté; il fut donc bien accueilli. A Milan, l'historien