‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 314 sur 365 · ÉTAT ROMAIN · texte numérisé non relu

ÉTAT ROMAIN

que l'empereur avait quitté l'Italie, jouissaient d'une entière indépendance. D'un autre côté, les villes à l'est du Latium et au nord-ouest de la Toscane formaient autant de duchés sous des évêques et des seigneurs. La campagne romaine elle-même était parsemée de petits seigneurs, qui, de Palestrina, de Tusculum et de Bracciano, la soumettaient au gouvernement le plus déplorable, empêchaient la culture des champs , et faisaient pire encore; se fortifiant dans les tombeaux de Cécilia Métella et de Néron, ou dans les thermes de Caracalla, ils tenaient en servage et livrée à leurs caprices l'ancienne capitale du monde : bien plus, dans l'enceinte même de la ville, des factions cantonnées, l'une au Colisée, l'autre à la tour de Crescentius, une troisième sur le Pincius, se provoquaient souvent.

Comme aux temps de César et de Scipiou, Rome était appelée urbs^ c'est-à-dire la cité par excellence, et sénat, son conseil communal. Dix électeurs de chacun des treizes quartiers de la ville élisaient tous les ans cinquante sénateurs, tous nobles probablement, dont quelques-uns, à ce qu'il parait, formaient, peut-être, à tour de rôle, le conseil secret du patrice, représentant de la république. Géroo, prévôt de Reichersperg, écrit en 1100 à Henri, prêtre cardinal : « Les sénateurs romains jugent les « causes civiles; les affaires importantes et d'intérêt général « regardent le pontife ou son vicaire, et l'empereur ou son vi- « caire traite avec le préfet de la ville. La dignité de celui-ci relève « des deux, c'est-à-dire du pape, auquel il fait hommage, et de « l'empereur, dont il reçoit les insignes de son rang, ou bien l'épée « dégainée. De même qu'on investit les généraux au moyen de « l'étendard, ainsi, par un long usage, le préfet de la ville est « investi avec l'épée, dégainée contre les malfaiteurs. Du reste, n le préfet de la ville use légitimement de l'épée pour effrayer " les méchants et rassurer les bons, pour l'honneur du sacer- " doceetle service de l'empire (1). »

La décadence était mal dissimulée par des noms pompeux, car les palais tombaient en ruine (2). La délivrance de Rome

(1) Baluze, Miscell., liv. v, p. 64.

(2) Hildebert, évêque de Reims au onzième siècle, disait :

Par libi, Roma, nihil, cum sis prope tota ruina;

Quam magni fueris intégra, fracta doces.

Urbs cecidit, de qua si quicquam dicere dignum

Moiiar, hoc potero dicere : Roma fuit.

Non tamen annorum séries, non flamma, nec ensis

Ad plénum potait hoc abolere decus.

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