FRÉDÉRIC BARBEROUSSE
moyen de l'abolition des communes et de la réforme du système ecclésiastique et féodal.
A peine couronné , des envoyés du pontife vinrent le prier de le secourir contre les Romains révoltés ; Robert de Capoue invoqua son intervention pour être réintégré dans le duché que lui avait enlevé Robert de Sicile ; des citoyens de Côme et de Lodi, qui se trouvaient en Allemagne pour leur commerce, mais sans mandat officiel de leurs communes , se jetèrent à ses pieds, couverts de cendi-es et des croix à la main , le suppliant de venger leur patrie écrasée par les Milanais.
Frédéric fut heureux de ces occasions qui lui donnaient le rôle de vengeur des faibles, certain de les soumettre à ses volontés , tandis qu'en s'alliant avec les forts il n'aurait fait qu'augmenter leur hardiesse. Les habitants de Lodi furent si étonnés qu'ils accablèrent d'injures, au lieu de les remercier, leurs deux compatriotes qui s'étaient prosternés devant Frédéric; ils n'osèrent pas même accueillir Sichérius, que Barberousse avait envoyé avec des lettres de blâme contre les Milanais. Un traitement plus rigoureux attendait ce messager à Milan ; car, lorsqu'il se présenta dans la ville, les citoyens le foulèrent aux pieds en poussant des cris , et ce fut à grand'peine s'il parvint à leur échapper sain et sauf pour s'enfuir en Allemagne. Ces outrages exaspérèrent Frédéric; les citoyens de Lodi , pour l'apaiser, lui envoyèrent une clef d'or en se recommandant à sa clémence. Crémone et Pavie lui firent de riches présents ; Milan même , qui s'était ravisé, lui donna une coupe d'or remplie d'argent : hommages de la peur, que les princes attribuent à l'amour.
Frédéric, après avoir publié l'hériban, se dirigea vers l'Italie avec l'armée féodale , parce que la suprématie et l'autorité des empereurs n'étaient reconnues que lorsqu'ils venaient en personne. Sur la^ route, ils recueillaient des feudataires immédiats des dons, des vivres et les contingents de troupes ; ils envoyaient des agents réclamer des villes les régales qu'elles leur devaient, et, comme ils punissaient les récalcitrants par les armes, leur voyage était signalé par des dévastations. A l'arrivée du roi , la juridiction des magistrats féodaux restait suspendue ; luimême alors rendait la justice eu personne , et recevait l'appel de quiconque se croyait lésépar sou seigneur ou se plaignait de n'avoir pas reçu satisfaction. lien était de même dans les villes, qui attachaient un grand prix au privilège en vertu duquel l'en-