‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 330 sur 365 · GUERRES EN LOMBARDIE · texte numérisé non relu

GUERRES EN LOMBARDIE

L'empereur, déclaré uniquement dépositaire du pouvoir législatif, envoya dans toutes les villes ses magistrats, qui furent appelés podestats, parce qu'ils exerçaient les pouvoirs royaux et la juridiction dans beaucoup de causes. L'institution du podestat , les lois sur la paix publique et la dépense des guerres privées ne heurteraient point les idées modernes; mais, selon les privilèges d'alors mieux établis que sur le papier, cette réforme portait une grave atteinte à la liberté et à l'indépendance communales. Les Milanais, à qui l'empereur, par la capitulation, avait garanti des magistrats propres, et auxquels, malgré cet engagement, il venait d'enlever Côme , Lodi, Monza, le Seprio et la Martesana, comprirent qu'il ne se croyait pas lié par des conventions faites avec des sujets , et s'insurgèrent en frémissant ; ils assaillirent à coups de pierres les messagers royaux, venus pour 1139, mettre en pratique les décrets de Roncaglia , aux cris de : Fora, fora! Mora, mora! chassent la garnison du château de Trezzo, qui assurait aux Allemands le passage de l'Adda, et se préparent ù la défense. Les Crémasques , leurs alliés , auxquels il envoya l'ordre de démolir leurs murailles , répondirent en prenant les armes.

Frédéric les met au ban de l'Empire , jure de ne plus ceindre le diadème avant de les avoir domptés, et aussitôt, de la Ponteba au Saint-Gothard, chaque vallée verse des Allemands sur la plaine lombarde. On vit arriver le Palatin du Rhin, les ducs de Souabe, de Bavière, d'Autriche, de Zaringen, le fils du roi de Bohême , le comte du Tyrol, les archevêques de Cologne, de Mayence, de Trêves, de Magdebourg, en un mot l'élite de l'Allemagne. Alors commence une guerre de barbares , et l'é- weo. tranger ravage le pays, massacre ou pend. Une fois, l'empereur fait aveugler une bande de fourrageurs, ne laissant qu'un œil à l'un d'eux pour conduire les autres. Au siège de Crémone, afin de protéger les machines , il expose les enfants qu'il avait eu otage aux coups de leurs parents (i); après six mois d'assauts

(1) Radevicus voit une horrible iniquité, non pas dans la conduite des Allemands qui exposaient les otages, mais dans celle des Italiens qui les frappaient : SedUiosi, quod etiam Bnrbaris incognittim et dictu quidem horrendîim, axiditu vero incredibilc, non mimis crebris iciibus turres impellebant, neque eos sanguinis et naturaits vinculi communio, neque niails movebat miseratio. Sicque aliquot ex pueris, lapidibus icti, miserubiliter interïerunt; alii, miserabilius adhuc vivi supersiUes , cnidelissimam necem, et dirx calamitaiis horrorem penduli exspectabant : proh fncimis !

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