‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 335 sur 365 · PAIX DE CONSTANCE · texte numérisé non relu

PAIX DE CONSTANCE

aux lois de la cité. Tous les citoyens de "seize à soixante ans étaient soumis à l'obligation de jurer fidélité à l'empereur tous les dix ans; toutes les fois qu'il viendrait en Italie, on serait tenu de lui donner le fodruin, de l'héberger, de réparer les routes, et des marchés seraient ouverts pour ses approvisionnements. De son côté, il s'engageait à ne séjourner que peu de temps dans chaque ville ou diocèse, afin de ne pas être une charge trop lourde. Les villes restèrent, au surplus, maîtresses de se fortifier et de se confédérer; lesiuféodations, faites à leur préjudice depuis la guerre, furent annulées (1).

L'empereur revint pour la sixième fois dans la Péninsule, mais en ami; les villes italiennes rivalisèrent donc entre elles pour lui montrer qu'elles savaient aussi bien lui faire accueil et l'honorer comme hôte pacifique , que lui résister sur le champ de bataille. A Vérone, il agita pendant trois mois, avec le pape Luce III, la question relative aux biens de la comtesse Mathilde, sans parvenir encore à une solution. Les Romains , revenus bientôt à leurs vieilles habitudes et aux idées d'Arnauld, s'obstinaient moins à conserver la république qu'à désobéir au pape, qu'ils forcèrent à séjourner hors de Rome; ayant marché contre Tusculum, où leurs adversaires s'étaient fortifiés, ils prirent un grand nombre de clercs, auxquels ils crevèrent les yeux, à l'exception d'un seul qui devait ramener à la ville les autres montés sur des ânes, avec des mitres sur la tète. Ainsi les Italiens imitaient la brutalité allemande; et quel bien se promettre d'une république où manquait ce qui en est le premier fondement, la morale? Le pape les excommunia; mais Clément III put seul assoupir cette révolte de quarante-cinq ans, ce qui n'eut lieu, comme d'habitude, qu'au préjudice de la liberté. En effet, il ramena sous son autorité le sénat, la commune, la basilique de Saint-Pierre avec les autres églises, et recouvra les droits régaliens, sauf un petit nombre dont la jouissance fut laissée à la ville.

Frédéric, malgré la paix, commettait quelquefois encore des

(1) Voir CxviLi^ii, De pace Constant iœ disquisitio, Yérone, 1763;Gi\c. DuRANPO, Saggio sitlla lega Lombarda e siilla pacedi Costanza,dans le vol. XL (les Memorie deir Accndevtia di Torino.

Jacques d'Acqui ajoute que les Véiiilicns voulaient que leur doge s'assît au banquet auprès de Barberouse ; mais celui-ci prit le siège qu'on lui avait préparé et le mit sur le sien, s'asseyaul ainsi bien haut, tandis que co. vilain, comme il l'appelait, dut se mettre sur le banc.

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