‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 336 sur 365 · BARBEROUSSE ET HENRI LE LION · texte numérisé non relu

BARBEROUSSE ET HENRI LE LION

actes iniques ; mécontent des Crémonais, qui, d'abord très-fidèles à sa cause, la reniaient maintenant, il édifia Crème pour leur nuire (i), et même leur fit la guerre. Il eut de nouvelles discussions avec le pape Urbain III, au sujet de l'héritage de la comtesse Mathilde ; il s'emparait des biens des évêques qui mouraient, et, sous le prétexte de punir des abbesses corrompues, il envahissait les propriétés des monastères ; enfin il fermait le passage des Alpes à ceux qui se rendaient à Rome.

Il fît ceindre la couronne de fer à son fils Henri, et^ pour que le titre de roi d'Italie ne fût pas un vain nom, il résolut de joindre à la suprématie sur les Lombards la domination du royaume méridional ; mais le fait dans lequel il voyait la consolidation de la grandeur de sa race devint la cause de sa ruine.

Après avoir confié les affaires d'Italie à Henri, Barberousse retourna en Allemagne pour dompter les barons qui l'avaient contrarié durant la guerre d'Italie ; déterminé par le désir de rendre l'autorité impériale héréditaire dans sa famille, il déploya une rigueur dont on n'avait pas vu d'exemple depuis Charlemagne. Henri le Lion lui suscita particulièrement de sérieuses difficultés. L'empereur avait su décider le vieux Guelfe à renoncer aux biens de sa famille en Italie comme en Allemagne, parmi lesquels se trouvait l'héritage de la comtesse Mathilde ; Henri, dès ce moment, refusa de le secourir dans les guerres d'Italie, bien que supplié à genoux. Mis au ban de l'empire, il fut vaincu, et obtint avec peine de conserver le Brunswick et le Lunebourg; mais l'abaissement de cette maison permit aux barons ecclésiastiques et séculiers de se relever et de s'assurer le plein domaine de leur territoire.

Des gémissements universels annoncèrent tout à coup que

Jérusalem, la cité sainte, délivrée par le sang de toute l'Europe,

était retombée au pouvoir des musulmans, et que les échos de

la colline de Sion et de la vallée du Cédron répétaient encore

1187. les invocations d'Allah. Le grand Saladin, profitant de la rivalité

(1) Centum mille nolo pro Clirisli tempore toto

Octoglnta datis super his et quinque peractis, Sub mense maji Federico Cœsare stante, Sepllma lux mensis prœerat factis gerendis, Cum relevata fuit Creina, statumque resumsit. Per Placentinosgrates meruere divinas, Unde Cremonenses doleant et sine modo flentes, Et lletu quorum lœlelur quisque virorum. (Inscript, ap. Alvmanno Fino, liv. ii.)

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