‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 342 sur 365 · LES ÉVÊQUES · texte numérisé non relu

LES ÉVÊQUES

tait dans le fait de ne pas avoir d'autres supérieurs que les monarques.

Cette supériorité suffisait aux empereurs pour troubler les républiques avec leurs prétentions; les feudataires et les comtes, qui n'avaient renoncé à leurs anciens privilèges que par nécessité, faisaient aussi des réclamations incessantes. Nous avons déjà dit que les évêques possédaient de grands fiefs avec une vaste juridiction ; celui de Brescia avait un cinquième des fiefs du diocèse, et tel était leur nombre que, Henri en ayant séquestré quelques-uns pour le châtier d'avoir favorisé le pape, on trouva qu'ils contenaient trois cent mille biolcas (environ neuf cents hectares). La commune de Brescia les reprit ensuite à la chambre impériale, et les donna, moyennant une rente, à trois mille pauvres. L'évêque Arimanno chercha à recouvrer ces fiefs et d'autres dont l'empereur avait investi des laïques; mais les nouveaux possesseurs résistèrent et se liguèrent avec lesahrimaus, irrités contre l'évêque et la commune qui les accablaient de contributions malgré l'ancienne immunité. De là une guerre avec des succès divers, jusqu'à ce que les ahrimans obtinrent par un traité les privilèges dont jouissaient les vavasseurs, avec exemption de tout tribut et de service corporel (1).

Les évêques, autrefois souverains, considéraient la commune comme usurpatrice, ou l'enviaient comme victorieuse, et soulevaient des chicanes sur ses droits. C'est dans cet esprit que fut rédigée une charte de 1158, par laquelle les chanoines de Sainte-Marie de Novare jurent entre eux de ne pas concourir à faire passer à la commune les biens de cette église, ni de permettre en aucune façon que celle-ci paye taxe ou fodriim au peuple ou aux consuls ; de ne point les aider en ce qui concerne les dépenses nécessaires pour fortifier la ville; de ne pas donner de canouicats aux descendants des consuls qui avaient ouvert violemment le grenier du chapitre, tant que les pères vivront, ni des autres consuls qui, de quelque manière, préjudicieraient à l'Église, ou entreraient par force dans la canoniale ou les maisons des frères (l).

Les évêques conservaient toujours quelque reste de leur autorité ; chefs d'une hiérarchie et d'un tribunal ecclésiastiques, possesseurs encore de grandes richesses , ils étaient considérés

(0 .Monum. Hist. pulrUc , Cliait. i, 813.

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