STATUTS
« qui règlent l'ordre dans lequel ils devront exercer successive- « ment ; une fois classés de la sorte, on publie leurs noms tous les '< deux mois. »
J Ces exemples suffisent pour démontrer combien ces sociétés /étaient loin d'avoir des constitutions uniformes. Dans l'intérieur, lia diversité des personnes continuait : au premier rang étaient /les gens d'armes, qui dérivaient des anciens feudataires , des âhrimans et des barons ; venaient ensuite les ecclésiastiques, puis les légistes sous le nom de judices, advocati, procuralores ; (après, les paratici, c'est-à-dire les corporations de métiers, enfin la plèbe (1). A côté de la liberté communale, on trouvait des privilèges féodaux, ecclésiastiques et royaux, des associations de familles et d'arts, des possessions et des personnes soumises à des conditions serviles, la liberté romaine, cléricale et barbare. Dacs quelques pays, surtout en Piémont, un grand nombre de communes restaient sous la suprématie immédiate de l'empereur ou de ses vicaires. Dès lors elles ne jouissaient pas de l'entière souveraineté, c'est-à-dire du droit de paix et de guerre, de celui de battre monnaie et de la juridiction suprême; mais, pour le reste, elles se gouvernaient comme les autres, car les franchises communales, dans l'opinion générale, faisaient partie du droit public intérieur, et l'on établissait une différence entre administrer et régner. La \ille d'Ivrée, quand elle se donna, en 131 3,i fà Amédée V, comte de Savoie, stipula que le podestat, les juges | let les autres officiers de justice conserveraient l'entier et double ! 'empire, et qu'on ferait les statuts comme par le passé. ^II restait encore des traces du droit personnel à la manièrej ^germanique (2) ; mais le droit romain prévalait, modifié dans les différentes cités par une infinité de règlements municipaux. Les empereurs continuèrent à faire des lois dans la diète nationale, mais qui regardaient seulement les fiefs, les vassaux et
(1) La variété des conditions personnelles nous est attestée par ce i)assage : » En 1233, Torcilo de Strada, étant podestat de Florence, invita tous les habitants du comtat florentin à se rendre dans la ville pour (aire connaître leur condition aux notaires des Ses^ier.'î, désignés à cet effet; ils devaient déclarer s'ils étaient chevaliers nobles (de naissance), artisans, propriétaires d'alleux, simples soldats, serfs, ftiinicrs, lahourcurs ou de toute autre condition. » (SciPioNE Ammirato, 67o?-^e/?o»rH//nfî, livre 1.)
(2) Quelques écrivains ont voulu déduire le nombre des Lombards, des Romains et des Francs, dans les différents pays et les époques diverses, de leurs noms. Rien n'est moins concluant, et les seuls Monumentu Hist, patriœ fournissent des preuves nombreuses contre leur jugement.