‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 351 sur 365 · FINANCES · texte numérisé non relu

FINANCES

Les Milanais se plaignaient de ce que les nobles , habitant la campagne, se soustrayaient aux charges de l'État ; c'est pourquoi, dans la convention de 1225, eux seuls, et non la plèbe, furent assujettis aux tailles. Florence, en 1362, ne trouvait pas à faire un emprunt à cinq pour cent; Piero de Grifo, homme très-versé dans la matière, donna le conseil de souscrire trois cents florins à quiconque en prêterait cent, et cette opération fut dite deirunotre (trois pour un). A l'occasion d'une autre guerre, on inscrivait pour deux cents celui qui en prêtait cent ; ce fut le deU'uno due (deux pour un). En 1.380, l'intérêt, pour les divers emprunts, fut réduit à cinq pour cent, et le capital nominal au capital réel ; cette réforme produisit une grande confusion, à causse des achats et des ventes dont ces valeurs avaient été l'objet.

Le cadastre, sur déclaration jurée du propriétaire et des témoins, s'établit à Gênes eu 1214, à Bologne en 1235, à Parme en 1302. A Florence, en 1336, les impôts, selon Villani, étaient les droits sur les marchandises, le sel, les contrats, le vin au détail, les bestiaux, la mouture et la contribution de la banlieue {estimo del contado), dont le total s'élevait à trois cent mille florins. Ainsi la banlieue seule , sans doute pour égaliser les charges entre les citoyens , aurait été soumise à la taille ; en effet, le rôle des contributions de la ville ne put être régulièrement établi qu'en 1427 par les soins de Jean Médicis. Ce rôle dut comprendre tous les biens immobiliers ou mobiliers que chaque famille possédait en dedans ou en dehors du territoire florentin, avec les sommes d'argent, les crédits, le commerce, les marchandises, les esclaves des deux sexes, les bœufs, les chevaux, les troupeaux d'autres animaux; la base d'estimation fut fixée à sept et demi pour cent , ou bien sept florins de revenu représeotèrent un capital de cent. Apres avoir déduit les dépenses et les charges, on prélevait le dixième sur le reste. Quiconque refusait de payer était mis en évidence, c'est-à-dire inscrit dans un registre, et restait exclu des magistratures.

Les éghses, les monastères, les ecclésiastiques , avec leurs paysans et leurs fermiers, étaient exempts d'impôts, même pour les propriétés d'acquisition récente, et les républiques essayaient vainement de soumettre au moins les derniers aux charges publiques. Les prêtres se résignaient à grand'peine à payer pour

dit. Voir Corio et Gillini passim ; G. Villam, x. 17 ; CAFfAiio, iv, 17 ; Pa- GNiM, délia décima florentma,\, 25.

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