‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 353 sur 365 · MONNAIES · texte numérisé non relu

MONNAIES

roisse une somme à répartir entre les villages, avec obligation de recouvrement ;à cet effet, ou formait des conseils et des assemblées, et les vicomtes épiscopaux, lorsqu'il s'en trouvait encore, présidaient à ce travail de répartition d'accord avec les consuls de campagne.

La garantie que le citoyen pouvait offrir à la commune se trouvait presque tout entière dans les maisons, dont la vente, par conséquent, faisait perdre la qualité d'associé politique; aussi démolissait-on la demeure de quiconque était expulsé de la ville et l'on ne permettait pas à l'étranger de posséder une maison. Les nobles de la campagne, admis comme citoyens, devaient commencer par construire un palais dans l'enceinte des murailles. A Tvrée, on considérait comme citoyen tout habitant de la ville qui possédait une valeur de dix livres et se trouvait inscrit sur le rôle des contributions de la commune (i).

Les Lombards avaient eu des hôtels de monnaie à Pavie , à Milan, à Vérone, dans le Frioul , à Lucques , et peut-être à Spolète et à Bénévent. Il est à croire que ces villes les conservèrent sous les Francs et les empereurs d'Allemagne; mais bientôt les comtes et les marquis voulurent avoir leur monnaie particulière.

En vertu d'un privilège accordé par Lothaire V^ à Manassès,les archevêques seuls pouvaient battre monnaie à Milan, droit qu'ils conservèrent jusqu'au jour où la republique se l'attribua. Ce lait dut se reproduire dans les autres cites, et nous possédons des monnaies italiennes de plus de cent hôtels divers. Certaines familles même avaient le droit de faire de la monnaie, par exemple en Piémont, les descendants d'Alerame, marquis de Montferrat, de Saluées, de Ceva, de Busca, de SaVone^ de Carretto, et quelques feudataires de lempire, comme les comtes de Desana, de Crescentino, de Cocconato, etc. La plupart de ces monnaies n'avaient cours (lue dans le pays.

Barberousse, jaloux de recouvrer ce droit régalien, fit battre dessous impériaux dans Its villages où il avait distribue les ci-

(1) Les statuts se trouvent dans les Monum. hist. patrias: — Anno, elc, prxsentia, etc., Raineriusde Monbello obligaiit consulibus Vercellarum nomme commums casam quam émit a .Vom/redo Caroso, ita quod sit aperta commuiii si utlo temport habitacidum \'ercellarum relinquerent. ( Cliart. I, 99 j. i A\ ant et après celte époque, on trouve un graud nombre d'actes concédant le droit de elle pour Ver( eil , toujours avec cette convention de la maison. Les Yercellais, voulant avoir le droit de cité à Milan, y aclielèrent une maison, en 1221, au prix de 210 livres de ierzuoli.

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toyens de Milan après sa ruine ; mais il dut bientôt l'accorder aux villes confédérées, qui ne tardèrent point h remplacer l'effigie de l'empereur par leurs saints patrons (l). Lorsque les républiques furenc tombées sous la domination des tyrans, Azzone Visconti, à Milan, donna le premier exemple d'inscrire son nom sur les monnaies; Gênes en faisait avant l'année 1139, lorsqu'elle en obtint le privilège de Conrad II d'Allemagne. A l'imitation de celui de Gênes, les Florentins, en 115 2, battirent le ducat, qui portait d'un côté saint Jean Baptiste, de l'autre la fleur de lis; de là, le nom de florin qui se répandit dans toute l'Europe : il était à vingt-quatre carats d'or fin , du poids d'un huitième d'once ou d'un soixante-quatrième de marc, et se divisait en vingt sous (2). 11 fut imité par les Français, les Hon-

(1) Le droit de battre monnaie était tellement considéré comme un privilège royal que Venise, en 1285, c'esl-à-dire après huit siècles d'indépendance, demanda au pape et à l'empereur la permission de faire les sequins (Sanito, Vile dei dogi; Zanetti, délie monete e zeccfie d'Ilalia; Carli et Argelvti, Délie monele d'Ilalia).

Les monnaies de Naples à leffigie de saint Janvier sont anciennes. On ignore quand Venise eut le droit de battre monnaie; sa plus ancienne monnaie est de 972. On ne sait pas non plus à quelle époque Ancône commença à en frapper à l'effigie de saint Cyriaque. Après le onzième siècle, ce droit appartenait aux villes d'Aquila, Aqnilée, Rimini, Arezzo, Ascoli, Asti, Bergame, Messine, 1139; Plaisance, 1140; Bologne, 1191; Brescia, 1162 ; Cortone peutêtre, mais sans aucun doule Trémone, 1115; Cortone, qui l'obtint de Frédéric l^"" ; Ferrare, 1 164 ; Fernio, au coinmenceraent du treizième siècle, avec l'autorisation des papes; Florence, Gênes et Plaisance, qui le reçurent de Conrad 11. On cite des monnaies de Mantoue avant le onzième siècle ; de Modène, de Parme, de Padoue, de Pérouse et de Reggio, dans le treizième siècle; de Pise, dès 1175; celles du comte de Savoie, qui remontent à 1084, sont douteu>es. Sienne se vante d'avoir eu le privilège d'en frapper en 1086; Spolète l'obtint peut-être sous les Lombards, Turin vers le milieu du treizième siècle, Volterra en 1231, et plus tard Urbin, Vigevano, Vicence, Sinigaglia, Saluées, Recanafi, Pesaro, Macerata, Forli; après le quinzième siècle, Lecco et Musso, pendant la domination de Jean de Médicis. Jean Gandolfi ( Délia moneta anlica di Genova) prouve que Gênes battait monnaie avant 1139, époque oii Conrad II l'autorisa par un diplôme. Il est certain qu'elle en faisait dès 1102, mais avec le type de Pavie; il affirme encore qu'elle précéda Florence avec sa monnaie d'or, qui put servir de modèle aux florins.

(2) Alors 72 grains d'or équivalaient à 770 d'argent. Il était très-avantageux de ne tenir pour légal qu'un seul de ces métaux, et de ne pas altérer la proportion entre les deux en changeant les parties aliquotes de l'argent, comme on le fit. La monnaie d'argent, appelée livre, ne fut battue que par Cosnie I" en 1534, au titre de 90 3/4, et de 72 par livre. Les Vénitiens avaient trois sortes de ducats -. le ducat d'or, qui valait environ 17 livres ; l'autre, d'argent, fixé à 4,50 ; le troisième, de compte, variant de 3,25 à 4 livres. Dans

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