‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 4 sur 365 · LES TRENTE DUCS · texte numérisé non relu

LES TRENTE DUCS

dialecte et leur nom. Les Saxons, qui ne voulurent pas reconnaître les lois des Lombards, s'en retournèrent en dévastant la Provence. Les Lombards , étrangers à la navigation , ne purent soumettre les côtes , qui recevaient des secours par mer ; aussi , le territoire qui s'étend de l'embouchure du Pô à celle de l'Arno conserva-t-il son indépendance. G ênes, pendant quelque temps, la Sicile et les îles , pour toujours , échappèrent à leur domination. Suse, quelques plateaux des Alpes Cottiennes , l'île Camonica, Crémone, Mantoue et Padoue, défendues par des montagnes ou des lacs, furent également préservées de la conquête.

Le royaume lombard comprenait VAustrie^ composée du Frioul et du Trentin ; la Neustrie , composée des duchés d'Ivrée, de Turin et de la Ligurie. Au milieu se trouvait la Tuscie^ en partie royale, en partie composée des duchés de Lucques , de Toscane, de Castro , de Romiglione et de Pérouse. Les Lombards n'occupaient dans l'Emilie que Reggio, Plaisance et Parme; dans l'Italie méridionale , ils possédaient la petite Lombardie , c'est-à-dire les duchés de Spolète et de Bénévent, outre la principauté de Salerne. La nation guerrière , dans ces divers pays, était organisée militairement en bataillons ou fares.

Le territoire qui resta sous l'obéissance de l'exarque et des ducs grecs reçut alors , comme refuge des Romains , le nom de Romagne; il comprenait les villes de Bologne, d'Imola, de Faënza, de Ferrare, d'Adria, de Comacchio, de Forli, de Césène, et la Pentapole maritime, composée d'Ancône , de Rimini, de Pesaro , de Fano et de Sinigaglia. L'exarque plaçait à Rome , à Gaète, à Tarente, à Syracuse, à Cagliari et ailleurs des duos ou des maîtres de la milice ; mais Naples ne tarda point à s'affranchir de cette sujétion et à nommer elle-même ses ducs. Les fugitifs latins allaient accroître la population de Venise, qui, malgré ses protestations de fidélité aux empereurs de Byzance , cherchait à conquérir son indépendance.

La domination grecque se bornait donc presque à l'exarchat et à Rome, qui n'était pas encore sacerdotale ; mais la population italienne s'était accumulée sur ce petit espace, pour se soustraire avec ses richesses au joug des barbares et à la persécution qu'ils pouvaient exercer comme ariens. Quand un peuple n'est pas assez fort pour se soulever tout seul, il compte beaucoup trop sur les autres, et les Italiens ne cessaient de faire appel à l'empereur Tibère II, pour qu'il vînt les délivrer. Le sénat romain lui envoya trente mille livres d'or, et le peuple lui criait : « Si tu n'es pas

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