‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 40 sur 365 · ARTS. COMMERCE · texte numérisé non relu

ARTS. COMMERCE

rapporte, en effet, qu'une foule d'individus venaient du dehors pour faire du commerce en Italie, où l'on trafiquait de vins, de blés, de légumes ; les soins minutieux que prenait ce gouvernement , qui poussait son intervention jusqu'à fixer le prix des marchandises (l), manifestent l'inexpérience économique plutôt que la négligence.

Le commerce ne cessa point, même sous les Lomhards ; les Italiens allaient aux foires de Paris, où ils rencontraient des marchands saxons, espagnols, provençaux, francs (2). Il est vrai que les dominateurs imposèrent une entrave, que l'humble servilité moderne supporterait à peine, je veux dire les passeports, dont tout individu qui voyageait pour affaire devait être muni (3).

Une mention incidente rappelle néanmoins les magistri comacini, architectes ou maçons , sortis des environs du lac de Côme, qui, peut-être à cause de leur habileté , furent exemptés de la répartition universelle et de l'impôt servile ; devenus, par ce privilège, les égaux des hommes libres, ils purent contracter, recevoir des récompenses, et furent autorisés à s'unir dans une espèce de corporation (4). Nous trouvons en outre des constructeurs de navires, que le roi Agilulf envoya aukacan des Avares. Il est encore parlé souvent des médecins dans les lois ; mais rien ne fait connaître leur état civil. Les seuls artistes que l'histoire mentionne sont : un peintre de Lucques, Auripert, cher au roi Astolphe; un certain Orso, qui, avec ses élèves Gioviuo et Gioventino, sculpta deux colonnettes du tabernacle de Saint-Georges dans le Val de Pulicella; d'autres, cependant, travaillèrent aux nombreux édifices de Théodolinde et des rois qui suivirent.

Nous croyons que tous les artistes appartenaient au peuple vaincu. Plus tard, néanmoins, les Lombards eux-mêmes s'adonnèrent au commerce, puisque les lois d'Astolphe prescrivent aux marchands de se munir d'armes et de chevaux, et défendent, sous peine du wehrgeld (peine toute lombarde) aux négociants du pays d'avoir affaire avec les Romains, c'est-à-dire avec les habitants de l'Italie non subjuguée (5).

(1) Cassiodore, Epist. 14, liv. ix.

(2) Nouvelle notice , tirée de Marim, et qui se rapporte à l'année 699.

(3) Vt nemo debeat negothim peragemiumnmbulare, aut pro quneiimque causa, sine epistola régis aut sine voluntute judicis sui. Astol. v.

(4) Rot., 144, 145. Voir Troya, Délia condizione dei Romani, § 167.

(5) Voir la lir et la IV' des nouvelles lois découvertes par Troya.

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