‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 47 sur 365 · BIENS ECCLÉSIASTIQUES. COSTUME · texte numérisé non relu

BIENS ECCLÉSIASTIQUES. COSTUME

culte, entretenir des curés au milieu des populations éloignées et pauvres (i).

Les prêtres et les évéques, pendant longtemps, s'habillèrent comme les séculiers ; c'était au point que l'on prenait souvent saint Ambroise pour son frère Satyre, l'évèque pour le laïque (2). La longue soutane et la cape, que les prêtres ont conservées jusqu'à nos jours, étaient le costume ordinaire des philo-

(1) La distribution des biens ecclésiastiques est indiqui-e dans la vie de saint Barbat, évêque de Bénévent, qui obtint du duc Ronniald beaucoup de rcAenus pour son église : [mpetrntis omnibus ut poposcerat , vir sanctus non est ohl'iltis mondntorum Dei : in q^iatuor partes cunctum Ecclesix reditum omni lempore sanxitfideiiter dispartiri; unam egentibus ; secandam his qui Domino sedulas in ecclesiis exhibent laudes; tertiam pro ecclesinrum restourntione distribui ; juxta quartam suis peragendis ulUitnlibus episcopus haheat; et hactenus sicul ab eo disposita snnt, in pr.rsenficunc/a videntur. Ap. Uchelli, De ep. Benev.

{">.) In obifu Satyri oratio, num. 38, Le pape Célestin, Epist., 2, atteste que les évêques eux-mêmes n'avaient pas de costume particulier. Religio divina al/entm hobihun habet in ministerio, allerum in usu vitaque communi. Saint Jékome, in Ezech. cli. 44, LandoKe ( Hist. mediol. liv. n, o5) , eu parlant de i'arciievêque Hérii)ert, dit que sous lui aucun prêtre n'osait entrer dans le cbœur sans la robe blancbe (l'aube peut-être), ni sans avoir la tête couverte du capucbon, c'est-à-dire du surtout rouge que les ecclésiastiques portaient alors, et qu'aucun clerc ne se permettait les ornements des laïques. Giulini rapporte à l'année 1?,03 le testament d'un prêtre qui lègue àdidérentes personnes .ses habits, dont aucun n'est de couleur noire, excepté le chapeau. En 1211 , un synode milanais détendit aux clercs de se montrer en public sans la chape ou le surplis , ou sans un autre vêtement rond et terme; les chaussures lacées, les manches , les mouches (vêtements qui tombaient du cou sur la poitrine ) , les garnitures sur les habits et les manteaux à manches étaient également prohibés; cehii qui avait reçu les ordres devait porter des vêtements ronds sans être ouverts , qui ne fussent ni jaunes ni verts (avec exclusion peut-être des autres couleurs ) , ni garnis de petit-gris. Le même synode nous apprend que les clercs recevaient la tonsure dans l'église dont ils étaient titulaires ; il défend encore aux religieux les banquets , les dés , les jeux de hasard , la chasse, les chiens, le commerce , l'usure; ils ne pouvaient non plus avoir ni compères ni commères, ni aller aux bains, ni porter d'autre coiffure que le capuchon. Un concile du siècle suivant interdit les habits chamarrés avec des galons et des boutons d'argent ou de métal. Le synode diocésain de Milan de 1250 veut que tous les prélats portent sur la simarre un vêtement fermé, et non des manteaux à manches, quand ils sont dehors; qu'ils ne fassent point usage de freins, de selles, d'éperons, ni d'autres choses dorées, argentées, azurées , ni de surtouts garnis de fourrures, ni de manteaux ouverts ou fermés , hors le cas oii ils doivent monter à cheval; du reste, défense à eux de porter des étoffes vertes, îles manches rouges, des souliers lacés, des collets boutonnés ; ils ne peuvent avoir que des capes noires ou autres, également décentes. GiiLiNi, ad an, 1250.

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