‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 52 sur 365 · LÉS MOINES. SAINT BENOÎT · texte numérisé non relu

LÉS MOINES. SAINT BENOÎT

le détachement de la société, que par la vie commune dans la prière, dans les entretiens religieux; moins parla macération et le silence, que par la discussion, l'étude, le travail en commun. C'est à ce point de vue que fut rédigée en Italie une règle qui, par la suite, l'emporta sur les autres, et dirigea vers le même but les élans divergents de la dévotion particulière ou de l'autorité.

480. Cette règle eut pour auteur Benoît, né à Norcia, dans le duché

de Spolète. Issu d'une riche famille, il vint à l'âge de douze ans étudier à Rome, et put comparer l'ancienne grandeur de cette ville avec son abaissement actuel. Dégoûté d'un monde si profondément bouleversé, il s'enfuit à quatorze ans, avec sa nourrice Cyrille, au fond d'une caverne, à Subiaco, qui, plus tard , sous le nom de Grotte Sacrée, devint célèbre par un magnifique édifice et la foule des pèlerins qui s'y rendait. Retenu en ce lieu par des miracles, il ignorait même que les jours s'écoulassent ; mais les orties et les épines avaient peine à mortifier sa chair rebelle. Des prodiges signalèrent chaque pas du jeune ermite, dont la réputation se répandit d'abord parmi les bergers du voisinage , puis dans les pays lointains, au point que

310. les moines de Vicovaro voulurent l'avoir pour chef. Il refusa longtemps la tâche de porter la main sur les nombreux abus dont ce couvent était infesté ; mais il finit par céder, et commença avec énergie l'œuvre de la réforme. Les moines, irrités de la rigueur de ses mesures , tentèrent de l'empoisonner dans le calice ; mais le calice vola en éclats au moment de sa bénédiction. « Dieu vous le pardonne, mes frères! s'écria Benoit. « Ne vous l'avais-je pas dit, que nous ne pourrions nous eu- « tendre? Cherchez un supérieur qui vous convienne mieux. » Et il retourna à la solitude de Subiaco.

Mais ce n'était plus une solitude. De près et de loin, laïques et prêtres, paysans et citadins, accouraient l'entendre, le consulter et lui témoigner le respect dû à un saint. Équitius et Per-

avant que saint Atlianase les introduisît à Rome en 390. Saint Augustin les trouvait à Milan (Conf., iv, fi) ; saint Martin de Tours avait vécu quelque temps dans un de ces monastères. Sulpice Sévère ( Vita S. Martini, iv ) , écrit : Mediolani sibi monasterïum statuit. Paulin de Périgord,dans la vie du même saint , dit :

...Conslructa statuil requiescere cella

Heic ubi gaudentem nemoris vel palmilis umbris

Itnliam pingit pulcherriraa Mediulanus.

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