‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 88 sur 365 · FAIBLESSE DES LOMBARDS · texte numérisé non relu

FAIBLESSE DES LOMBARDS

premier parmi ses égaux, et même que leur créature ; puis, loin de lui accorder cette autorité absolue qui seule aurait pu les entraîner dans des entreprises communes, ils faisaient souvent alliance avec ses ennemis.

Les rois juraient et se parjuraient; toujours battus dans les guerres, ils acceptaient le trône aux conditions dictées par un monarque étranger ; puis, comme des enfants indociles, ils se mutinaient aussitôt qu'ils voyaient s'éloigner le vainqueur, devant lequel ils avaient courbé humblement la tête.

Charles, par l'énergie prépondérante de son caractère, entraînait l'armée et les chefs à décréter dans les assemblées ce qui était dans sa volonté, à se conduire sur le champ de bataille avec la confiance d'auxiliaires pour qui le commandement est tout. A l'exemple de tous les grands hommes, il comprit ce que réclamait son temps ; au lieu de lutter avec les prêtres, et de vouloir les comprimer, à l'imitation des âmes jalouses et faibles, il se servit de leur puissance, et accrut la sienne propre en s' emparant de toutes les forces vives de la société, pour les diriger vers son but. 11 s'avançait donc à cette heure avec un dessein réfléchi et arrêté, non plus comme Pépin , pour humilier les Lombards et respecter leur domination, mais pour les exterminer, puisqu'ils ne savaient pas rester tranquilles.

Didier, outre les forces hostiles des Romains , du clergé , des ducs , avait encore contre lui la faction de Racbis, qui , comprimée par la terreur, épiait l'occasion de se venger. A la nouvelle de l'approche de Charles , un grand nombre de Lombards de Spolète et de Béuévent accoururent à Rome, et se firent couper les cheveux à la romaine en signe de soumission au pape ; d'autres personnages de cette nation envoyèi-ent prier Charles de les délivrer du tyran Didier, qu'ils promettaient de lui livrer avec ses richesses (l).

(1) Anselme, abbé de Nonantoia et beau-frère de Racbis , fut exilé pendant sept ans par Didier ; il e,U probable qu'il travailla beaucoup en faveur de Cliarles, puisqu'il en reçut d'immenses donations. Muratoiu, ad annum llik : Dum iniqua cupiditaie Lotigobardi inter se consurgercnt, quidam ex proceribus iongobardis talem legationem midunt Carolo Francorum régi, qiiatenus veniret cum valido exercHu, et regnum sub sica dilione oblincret, asserentes qiùa isiuid Dcsideriiim lyrannum sub potcstale ejus traderent viitcfum, et opes multas, cum variis indumentis auro argentoqtie inlextis, in suum commit terenl dominmm. (Anonyn). Salernit. in Rer. it. Scrip. tom. u, p. i, Paraiip.)

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