NOMBRE DES BARBARES. LEUR MANIÈRE DE S'ÉTABLIR
\iDgt ans , se maintinrent indépendants, sous la suzeraineté de l'empereur (1).
Les vainqueurs , compagnons libres d'uu chef qu'ils ont élu volontairement, et qui ne peut disposer de rien sans leur adhésion, viennent, conquièrent, se font propriétaires; peu à peu ils s'accoutument à la vie agricole, et un nouvel état social se fonde sur la propriété stable. Chaque chef, dirigé par son goût ou le hasard, s'établit dans un canton avec sa tribu, et campe sur d'immenses domaines ; il a pour serviteurs les colons et les anciens maîtres dépossèdes, et pour courtisans ]es fidèles de sa nation, qui restent près de lui, afin de s'abriter contre les dangers de la guerre et de jouir des plaisirs de la paix. Dès le moment où le chef devenait un grand propriétaire, l'égalité primitive disparaissait ; il distribuait des terres à ses compagnons, sous l'obligation de le suivre à la guerre avec un nombre déterminé d'hommes armés.
Le roi était le chef de ces chefs, non comme le moteur essentiel d'une machine régulièrement organisée . mais comme le premier entre des égaux ; néanmoins son pouvoir se consolidait , grâce à la prérogative importante de présider aux jugements en temps de paix, mais surtout à cause de l'état perpétuel de guerre, comme il arriva chez les Lombards en Italie. Les coutumes nationales servant de règles, le roi avait rarement l'occasion d'exercer la puissance législative. Quelques princes, comme Théodoric, voulurent imiter lesj'stème romain; mais, en général, ils ne rappellent pas les attributs que nous comprenons dans le mot de roi. Ils n'ont ni cour ni constitution, et les emplois ne sont soumis à aucun ordre hiérarchique; un secrétaire expédie toutes les affaires, un juge prononce sur les contestations portées devant le trône, et les biens n'appartiennent pas à la couronne, mais proviennent de la victoire. Le roi n'a pas même de sujets, car il ne
(1) L'histoire ne fait mention que de l'île; mais elle est si petite qu'on doit nécessairement compiendie sons relie dénomination le territoire voisin. A Lenno, terre de ce rivage, on trouve d(iiix inscriptions de 571 et de 572, où l'année est datée des consuls, el Justin 11, appelé notre seigneur :
HIC REQVIESCIT IN PACF, FAMVLVS CHRISTI LAVRENTIVS VENERABILIS SACERDOS , QVI VIXIT IN HOC S/ECVLO ANNOS IV ; DEI'OSITVS DIE III NONAS IVLII , POST CONSV- LATVM DOMINI NOSTRI IVSTI.M PERPETVI AVCVSTI AHNO VI, INDICTIONE IV.
HIC.REQUIESCIT IN PACE BO.N.E MEMORISE CYPRIAiWS, QVI VIXIT IN HOC SiECVI.O ANNOS P. M. \XXm ; DEPOSrrVS SVB die VIII KALENDAS OCTOBRIS , INDICTIO>E V, POST CONSVLATVM DOMINI NOSTRI IVSIIM PERPETVI AVCVSTI ANNO Vil.