‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 90 sur 365 · M CHARLEMAGNE EN ITALIE · texte numérisé non relu

M CHARLEMAGNE EN ITALIE

et de la lâcheté. Le brave Adelchis, le fils et le collègue de Didier, avait seul fortifié les défilés des Alpes du côté de Suse. Les seigneursfrancs, plus disposés, comme le furent toujours les hommes de cette nation, à périr dans des attaques soudaines qu'à vaincre par la persévérance, commençaient à murmurer contre les obstacles, lorsqu'un déserteur,'le diacre Martin selon d'autres, leur indiqua un passage non gardé, à travers des rochers inaccessibles. Une poignée de Francs, par cette issue, tomba sur les derrières des Lombards, qui, saisis d'une terreur panique, ou peut-être enlacés par la trahison, abandonnèrent ces gorges imprenables, et s'enfuirent sans regarder une fois l'ennemi en face. Adelchis se renferma dans Vérone , Didier dans Pavie avec sa femme Ansa et sa fille, avec la famille et les amis de Carloman.

Charles, joyeux de ce succès inespéré, planta sa lance sur le soi de l'Italie, et, avant que l'ennemi fût revenu de sa consternation, il assiégea ces deux villes , qu'il eut bientôt prises, favorisé par des intelligences. Adelchis parvint à s'enfuir à Constantinople; Didier, tombé au pouvoir de son ennemi, fut conduit en France avec sa femme , et renfermé dans le monastère de Corbie , où il finit ses jours ; il n'est plus fait mention de la famille de Carloman.

Pendant que Pavie résistait encore, Charles s'était rendu à Rome, où il reçut les honneurs dont jouissait autrefois le représentant de l'empereur. Les magistrats et les nobles allèrent à sa rencontre avec les bannières jusqu'à trente milles de distance. On voyait se déployer, le long de la voie Flaminia, les écoles des Grecs, des Lombards, des Saxons et d'autres; car telle était l'affluence des peuples , que chacun d'eux avait son quartier distinct et formait des communautés nationales (l), ayant des institutions propres dans cette Rome qui autrefois les absorbait tous. Des troupes d'enfants, avec des branches d'olivier et de palmier, chantaient des hymnes de triomphe en l'honneur de celui qui venait au nom du Seigneur.

Charles, qu'on accueillait non comme un roi étranger, mais comme patrice, changea l'habit franc contre la longue tunique et la chlamy de romaines. Il était à un mille de distance, lorsqu'il aperçut la croix ; aussitôt il descendit de cheval et se rendit à pied au Vatican, baisant chacune des marches du perron, au haut

(1) Anastase Bibl., dans les Vies de Léon III et IV, rappelle le viens Saxomim, Sardorum, Frisomim, Corsarum, et les Scholsc peregrinornm, Frisonum, Saxonum, Loncjobardoriim.

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