COURONNEMENT DE CHARLEMA6NE
Vinigise, duc de Spolète, accourut au secours de Léon, qui, à peine délivré, instruisit Charles de l'attentat, et passa les Alpes, se dirigeant vers Paderborn, où le roi franc avait réuni ses fidèles dans l'assemblée annuelle appelée champ de mai. Les seigneurs germains, nouvellement convertis, s'empressèrent à l'envi d'honorer le chef de l'Église, qui paraissait pour la première fois dans une de leurs assemblées ; ainsi l'autorité pontificale ne fut pas médiocrement accrue par ce voyage. Charles écouta ses plaintes, promit de lui donner satisfaction, et le renvoya accompao:né de seigneurs, d'évêques, des archevêques de Cologne et de Salzbourg, auxquels se joignirent huit commissaires chargés d'instruire sur la tentative d'assassinat et de pourvoir à la sûreté du saintpère.
Léon fit une entrée triomphale dans Rome au milieu des hallebardes des Saxons, cîes Francs, des Lombards et des Frisons. Le sénat, le clergé, la milice, les religieuses et les diaconesses , les nobles matrones, les corporations des étrangers, allèrent à sa rencontre jusqu'à Pontemolle avec les bannières et les enseignes de la ville. Il fut conduit, au milieu des hymnes et des cris de joie, à la basilique du Vatican, où il dit la messe et donna la communion à tous; puis il reprit son autorité primitive.
Charles se mit lui-même en route pour Rome, où il arriva au commencement de l'hiver; son premier soin fut de s'éclairer sur le différend survenu entre le pape et ses ennemis. Après avoir convoqué un concile composé de laïques et d'évêques, francs et romains, il fit examiner les accusations portées contre le pontife; ''"^■
' ' ^ ' 2 novembre.
mais , de même qu'au temps de Constantin le Grand un concile, assemblé pour juger le pape Marcellin, s'était déclaré incompétent à l'égard du chef de l'Église et l'avait invité à certifier son innocence, on se contenta cette fois encore de la même attestation. Léon monta dans la chaire, et, mettant sur sa tête l'évangile avec la croix, il jura qu'il était innocent des faits qu'on lui imputait. On chanta ensuite le Te Deum, et ses accusateurs, conformément aux lois romaines, furent condamnés à mort comme coupables d'homicide et de calomnie; mais leur peine, à la prière du pape, fut commuée en exil perpétuel.
Sur ces entrefaites, arriva la solennité de Noël. Charlemagne assistait aux magnifiques cérémom'cs de cette fête, le front incliné devant le tombeau des saints apôtres , lorsque le pontife, comme par une inspiration subite, s'approcha de lui et posa sur sa tête un diadème d'or. Aussitôt le peuple de s'écrier tout d'une