ORGANISATION IMPÉRIALE ET FÉODALE
imitèrent, soit dans le but de garantir leurs anciennes coutunnes, soit pour jouir des franchises municipales.
Ce système se développa dans le cours des siècles , très-mal connus malgré de nombreuses études, soit par les mensonges des écrivains qui regrettent un passé irrévocable, ou veulent se faire de ces époques une arme pour attaquer le présent ; soit par la frivolité des manouvriers de la littéralure, qui, drapés orgueilleusement dans leurs préjugés, donnent des anecdotes et des épigrammes pour des jugements; soit par la difficulté réelle de connaître, au milieu de la régularité impersonnelle des sociétés modernes, ces temps d'entière indépendance individuelle, alors que tenaient lieu de lois les coutumes locales, l'hommage, la promesse, et que chacun , classé hiérarchiquement, n'obéissait qu'à son supérieur immédiat , et selon des conventions stipulées.
La liberté, néanmoins, n'était pas un droit , mais un privilège, et manquait de représentants et d'un protecteur universel. Chaque terre avait un seigneur direct et un seigneur utile: mais il n'existait pas de sujets dans le sens moderne, c'est-à-dire des individus soumis à des lois, à une administration, à une justice communes ; chaque fief, chaque commune, chaque classe, chaque corporation se gouvernait par des statuts particuliers. Les princes et les communes cherchèrent à se fortifier en subjuguant les voisins désunis et rivaux : de là ces petites guerres que l'on déplore comme fratricides, et qui n'étaient que des efforts vers une pacification sociale mieux organisée. Loin d'être repoussé, l'empereur était vénéré connue le représentant de la justice; on se croyait libre dès qu'on dépendait de lui, et ville impériale, privilège impérial, exprimait la liberté (1).
Le pape, vénéré presque comme les anciens Césars, bien qu'il ne fût pas divinisé comme eux, était l'unique pouvoir central, et, par son origine, s'élevait au-dessus de tous; armé seulement des deux clefs , il opposait au gouvernement militaire les règles éternelles du juste et du vrai. Autour de lui se groupaient
(1) Les membres de la ligue lombarde, en 1177, disaient à Ferrare au pape Alexandre III : JVos gratautcs imperatoris pacem recîpimus, salvo llaliœ honore; et ijtts gra/iam, libcrtatc nostra intégra mancnte, prœoplamus. Qiiod ci de finliquilati: (Icbel Italia, lihentcr exsolvimus, et veteres illi justifias non negamus ; liberlatem aiitcm nostratii, fjiiam a patribiis noslris, avis, proavis liereditario jure coniraxiiriis , neqdacjiiam relinquemus , qtiam amitterc nisi cum n-ita limcmus. (llOMUAZ.in Saleunitam Chronicon,Vyt\\ It. Script., t. iv.)