‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 108 sur 352 · LA NOBLESSE ET LA PRINCIPAUTÉ · texte numérisé non relu

LA NOBLESSE ET LA PRINCIPAUTÉ

ne faisait naître aucune honte . pas plus que le vol chez les Bédouins , et , parmi les Romains , l'habitude d'avoii* des esclaves et des gladiateurs. Machiavel proclame qu'il est honteux pour les grands hommes de perdre , non de gagner en trompant. Telle fut la conduite de Louis XI de France, de Henri VIII d'Angleterre, de Ferdiuand de Castille, de Jean II en Portugal , de Jacques IV en Ecosse , terribles initiateurs qui employaient les mêmes moyens pour détruire le passé, et faire entrer dans l'unité nationale les éléments confus du moyen âge.

L'Italie, comme centre des négociations, offrait de plus grands exemples de cette pohtique, qu'elle fut accusée d'avoir inventée, et dont elle resta la victime ; elle avait de bons princes, mais pas d'institutions qui perpétuassent le bien. Ce terrible peintre de son âge, qui osa dire ce que d'autres osaient faire, ajoute : « Les royaumes qui dépendent seulement de la vertu « d'un homme sont peu durables, parce que cette vertu périt « avec lui, et qu'il arrive rarement qu'elle soit continuée par le «successeur; le salut d'une république ou d'un royaume « n'est donc pas affaire d'un prince qui gouverne prudem- « ment tant qu'il vit, mais bien du chef qui lui donne une orga- « nisation telle qu'elle persiste même après sa mort. »

Dès que les affaires se furent concentrées dans les mains des princes et des ministres, on vit naître la politique de cabinet, et la nécessité de se surveiller réciproquement, de combiner des alliances, d'entretenir des ambassadeurs, de manière que la diplomatie devint l'instrument principal des réconciliations et des inimitiés.

Les produits des biens particuliers des princes constituaient les revenus publics, auxquels il faut ajouter : les redevances en nature et en argent, payées par la classe des tenanciers à tous les degrés; les sommes données pour se faire exempter des services personnels et réels, des logements, le produit des droits royaux, monnaies, mines, eaux, bénéfices, évêchés vacants; les taxes imposées à ceux qui achetaient des offices et des charges, surtout celles de finances , occasion de profit ; les douanes, les péages, les droits sur la vente au détail; les vacations pour causes civiles, et les amendes ou les compositions pour les affaires criminelles ; les successions qui revenaient au prince ; les contributions acquittées par les juifs et les prêteurs, afin de jouir de la même protection que les citoyens ; les dons volontaires, surtout à l'occasion des mariages, des baptêmes, des successions ; les redevances moyen-

Page 1